Le lancement officiel a eu lieu le mercredi 21 octobre 2026, au deuxième jour d’une foire ouverte le 20 et programmée jusqu’au 24 octobre. Le thème de l’édition, « Consommer local pour un bénéfice profond économiquement », a servi de fil aux discours prononcés devant les stands, en présence des autorités gouvernementales, préfectorales et communales.
Irène Françoise Béhanzin, troisième adjointe au maire de Cotonou, a ouvert la série. Le thème, dit-elle, rappelle que « notre indépendance et notre résilience économique se construisent d’abord dans nos assiettes, dans nos habitudes vestimentaires et dans l’utilisation quotidienne de nos propres ressources ». L’élue a présenté Cotonou, vitrine économique du pays, comme le premier carrefour de cette transformation culturelle et commerciale.
Ferdinand Gomez, directeur départemental du commerce intérieur, a égrené les lieux où se fabrique, selon lui, la souveraineté économique : les ateliers de tissage d’Abomey, les rizières de la vallée de l’Ouémé et de l’Alibori, les laboratoires de cosmétiques naturels, les poulaillers de Tori et de Kpomassè, les unités industrielles de Glo-Djigbé et de Sèmè. « Quand une Béninoise achète un pagne tissé au Burkina, un jus d’ananas transformé au Bénin ou du beurre de karité du Mali, elle ne fait pas seulement un achat, elle fait l’UEMOA, elle fait l’intégration avant même les textes », a-t-il déclaré.
La remarque n’est pas anodine. Le rendez-vous d’octobre se tient dans les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui partagent le franc CFA et un tarif extérieur commun : acheter un produit transformé dans le pays voisin reste, au regard de l’union, un achat intérieur. C’est aussi la logique que suit Cotonou depuis la montée en puissance de la zone industrielle de Glo-Djigbé, conçue pour transformer sur place le coton et l’anacarde plutôt que de les exporter bruts.
Le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malè, a pour sa part encouragé les producteurs, qu’il décrit comme le socle du développement socio-économique du Bénin, et appelé les habitants de Cotonou à les accompagner pendant toute la durée de l’opération.
Benjamin Alanmènou, conseiller technique au ministère du commerce intérieur, représentait la ministre Shadiya Alimatou Assouman. Il a formé le vœu de passer du mois du consommons local à une année, puis à une vie du consommons local. « Acheter béninois, c’est poser un acte de patriotisme économique. C’est soutenir nos producteurs et nos entreprises. Préserver et créer des emplois pour notre jeunesse… », a-t-il dit. Une visite des stands a clos la cérémonie.
Reste la question que les discours n’abordent pas : combien ces cinq jours d’étals rapportent-ils aux exposants ? Aucun chiffre d’affaires, aucun objectif de vente n’a été communiqué par le ministère. Pour un tisserand d’Abomey ou une transformatrice d’ananas, c’est pourtant le seul indicateur qui compte.
La mini-foire du PK3 ferme le 24 octobre. Les producteurs, eux, rouvrent boutique le lendemain.