Trente-cinq mille francs CFA le modèle le plus simple, quarante mille le plus travaillé. Soit, au taux fixe de 655,957 francs pour un euro, une fourchette d’environ 53 à 61 euros pour un meuble entièrement monté à la main. Le prix se situe : il place ces transats loin du mobilier importé vendu dans les magasins du centre de Lomé, et bien au-dessus d’une natte ou d’une chaise en plastique.
La fabrication repose sur une division du travail simple et efficace. La structure métallique sort d’un atelier de soudure, confiée à des soudeurs, tandis que les bobines de fil nylon sont achetées au marché. Abib Issa n’intervient qu’ensuite, pour le tressage, avec des couleurs et des motifs choisis par le client. Le prix d’achat du fil et celui du châssis ne sont pas indiqués, ce qui empêche de reconstituer la marge de l’artisan.
Ce montage en sous-traitance est la règle dans l’artisanat urbain ouest-africain : chacun tient un maillon, personne ne porte seul le coût d’un équipement lourd. Le soudeur amortit son poste à souder sur des dizaines de commandes, l’artisan tresseur n’immobilise, lui, presque aucun capital. L’atelier tient dans une cour. C’est aussi la limite du modèle : sans stock ni trésorerie, la production suit la commande, une pièce après l’autre.
Faut-il y voir un produit exportable ? Abib Issa aimerait vendre ces meubles en Europe, où ce type de mobilier est très tendance, écrit Togonews. Le saut n’est pas mince. Vendre à distance suppose un acheteur identifié, un volume régulier, un conteneur à remplir et une avance de trésorerie pour acheter le fil avant d’être payé. Aucun partenaire commercial ni aucun calendrier n’est évoqué.
Un atelier de cour peut tresser un transat sur mesure. En exporter cent est un autre métier.