Le professeur Mamadou Mourtalla Ka a fait le déplacement d’Abuja. Spécialiste de médecine interne et premier Sénégalais à présider le Collège ouest-africain des médecins, il a remis le parchemin à Bola Ahmed Tinubu au cours d’une audience accordée aux dirigeants de l’institution, en présence du ministre de la Santé, de parlementaires et de membres du gouvernement nigérian.
Les échanges ont porté sur la formation médicale spécialisée, le renforcement des ressources humaines en santé et l’amélioration de la qualité des soins en Afrique de l’Ouest. Le collège réserve cette distinction à des personnalités qu’il considère engagées en faveur du développement sanitaire. Elle est rare.
La remise précédente remonte à 2022, au bénéfice du président ghanéen d’alors, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Quatre années séparent ainsi les deux récipiendaires, tous deux chefs d’État de pays anglophones où l’institution, dont le siège est installé à Abuja, est historiquement implantée.
Fondé en 1976, le WACP est l’instance médicale de référence de l’Organisation ouest-africaine de la santé, l’agence sanitaire de la Cedeao, indique Dakaractu. Son rôle est d’abord académique : examiner, certifier, délivrer des titres de spécialiste. Depuis cinquante ans, des praticiens passés par ses jurys exercent dans les hôpitaux, les universités, les centres de recherche et les administrations sanitaires de la sous-région.
Un titre reconnu d’un pays à l’autre pèse plus qu’un discours sur l’intégration. Il évite au spécialiste formé à Dakar et recruté à Lagos ou à Abidjan de repasser un examen national, et facilite la circulation d’un personnel médical que les frontières fragmentent. C’est l’un des domaines où l’intégration régionale produit des effets directs pour les professionnels.
Mamadou Mourtalla Ka est par ailleurs doyen honoraire de l’unité de formation et de recherche des sciences de la santé de Thiès, au Sénégal. Une première pour un Sénégalais.
Les célébrations du cinquantenaire se poursuivent, sans calendrier public. Reste la question que l’audience d’Abuja n’a pas tranchée : combien des spécialistes formés en cinquante ans exercent encore sur le continent ?