Aller au contenu
ri Reference infos Afrique & Monde
Guinée

Le secrétaire général du syndicat de la Banque centrale de Guinée désavoue le préavis de grève

Lanfia Touré, secrétaire général élu de la délégation syndicale de la BCRG, affirme n'avoir été ni informé ni consulté avant le dépôt d'un préavis de grève signé par son adjoint. Il dénonce un vice de forme et se dit opposé au débrayage.

Banque central de la république de Guinee, Guinée. Photographie d'archive. Photo : Ourysow92 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

À Conakry, la crise sociale qui touche la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) s’est déplacée à l’intérieur même de la délégation syndicale. Dans un entretien accordé le vendredi 21 août 2026 à Mosaïque Guinée, Lanfia Touré, secrétaire général élu de cette délégation, a déclaré ne pas reconnaître le préavis de grève déposé par son adjoint pendant son absence.

Le responsable syndical explique qu’il se trouvait en Côte d’Ivoire pour des soins au moment de l’élaboration du document. « Je n’étais pas informé, je n’ai été associé à rien concernant l’élaboration de ce préavis de grève, puisque j’étais en soins en Côte d’Ivoire. Et à mon retour, je n’ai pris langue avec personne. Personne ne m’a expliqué ce qui ne va pas d’abord, ni pourquoi ils en sont arrivés là », a-t-il déclaré au média guinéen.

Un désaccord sur la procédure

Pour Lanfia Touré, la règle interne est claire : l’engagement du personnel dans un mouvement de cette ampleur relève du premier responsable de la délégation. « Ce n’est pas une bonne démarche, puisque le secrétaire général adjoint ne peut pas lancer un préavis de grève sans que le secrétaire général ne soit informé. C’est le secrétaire général qui engage le personnel, ce n’est pas le secrétaire général adjoint », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant ignorer le détail de ce qui s’est joué en son absence.

Je ne suis pas solidaire de cette grève, car je ne vois pas le sens d’aller au débrayage. Lorsque je suis parti, nous avions commencé les négociations de façon courtoise et nous nous entendions très bien avec les hautes autorités de la Banque Centrale.

Lanfia Touré, secrétaire général de la délégation syndicale de la BCRG, à Mosaïque Guinée

Le syndicaliste rappelle que le droit de grève s’exerce dans un cadre défini par la loi et par les textes qui régissent le mouvement syndical. « Nous, syndicalistes, avons des limites dans nos comportements et nos agissements », a-t-il dit, ajoutant ne pas pouvoir cautionner la démarche de ses camarades du bureau exécutif.

Convocations judiciaires et débrayages spontanés

Cette dissension survient dans un climat déjà tendu. Selon Mosaïque Guinée, plusieurs syndicalistes ont été récemment convoqués à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), puis inculpés devant le tribunal de Kaloum. Ils bénéficient de la présomption d’innocence. Ces procédures ont provoqué de l’émotion parmi les agents et des arrêts de travail spontanés d’une partie du personnel. Ni les motifs précis des poursuites ni le calendrier judiciaire n’ont été détaillés par la source.

Face à l’interruption partielle des activités, le gouverneur de la BCRG a diffusé la veille de l’entretien un communiqué demandant au personnel de reprendre le travail sans délai. Lanfia Touré juge cette demande fondée : « Monsieur le Gouverneur est dans son rôle. Si nous sommes réunis ici, c’est pour travailler. » Il ajoute que les agents conservent le droit de débrayer, à condition de respecter les procédures.

L’enjeu dépasse le seul conflit interne. Une banque centrale assure la conduite de la politique monétaire, la gestion des réserves de change, la supervision des banques commerciales et le fonctionnement des systèmes de paiement. Toute interruption prolongée de ses services se répercute sur l’activité bancaire du pays. Ni la source ni les parties n’ont chiffré l’impact des arrêts de travail observés.

Le secrétaire général, dont le mandat court jusqu’en mars 2027, dit vouloir reprendre la conduite de la délégation dès le rétablissement complet de sa santé et rouvrir un dialogue direct avec le cabinet du gouverneur. Aucune date n’a été avancée pour ces échanges, et les auteurs du préavis ne s’étaient pas exprimés publiquement en réponse à ces déclarations, selon les éléments rapportés.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

HARMATTAN Golfe de Guinée et rivière Mano : Togo, Bénin, Guinée, Liberia, Sierra Leone. Commerce transfrontalier, mines, filières agricoles. harmattan@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

Dans la même rubrique

En écoute