Empêchée mercredi de quitter le territoire libérien par les forces de sécurité conjointes, l’ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor a ensuite été convoquée pour être entendue par les enquêteurs, puis inculpée dans le cadre d’une enquête sur un réseau présumé de trafic de stupéfiants, rapporte le quotidien libérien FrontPage Africa. Le détail des charges retenues contre elle n’a pas été précisé par la source.
Placée en détention, l’ancienne responsable a connu des complications de santé et a été conduite vers une structure médicale après être tombée malade, selon le même média. La nature de son état n’a pas été communiquée. Aucun calendrier n’a été indiqué pour la suite de la procédure.
Un appel lancé sur les réseaux sociaux
C’est dans ce contexte qu’un ressortissant du comté de Bong installé aux États-Unis, David Flomo, a demandé au ministère de la Justice de remettre Jewel Howard-Taylor à ses avocats, puis d’envisager une assignation à résidence à sa sortie de l’hôpital. Il a formulé cette demande dans une publication sur Facebook, selon FrontPage Africa. David Flomo n’exerce aucune fonction officielle dans le dossier.
Si la lutte contre la drogue au Liberia ne connaîtra ni frontières ni protections particulières pour aucun citoyen, l’ancienne vice-présidente doit néanmoins être traitée avec respect et dignité.
David Flomo, cité par FrontPage Africa (propos traduits de l’anglais)
Selon lui, une remise à ses conseils n’empêcherait ni la poursuite de l’enquête ni le maintien des charges, tout en garantissant à l’intéressée une assistance juridique et des soins. Il conteste par ailleurs l’idée d’un risque de fuite, faisant valoir que l’ancienne vice-présidente bénéficie à vie d’une protection assurée par les services de sécurité de l’État.
Une figure politique du comté de Bong
Originaire du district de Sanoyea, dans le comté de Bong, Jewel Howard-Taylor a représenté cette circonscription au Sénat libérien avant d’occuper la vice-présidence, deuxième fonction constitutionnelle du pays. Ce parcours explique l’attention publique et politique suscitée par l’affaire, souligne FrontPage Africa.
Les autorités défendent de leur côté leur campagne contre les stupéfiants illicites et leur décision d’enquêter sur toute personne soupçonnée d’un lien avec ce commerce, quel que soit son statut politique ou social, selon la même source. Le ministère de la Justice n’a pas réagi publiquement à l’appel de David Flomo, d’après les éléments rapportés. À ce stade de la procédure, l’ancienne vice-présidente demeure présumée innocente.