« Je suis là. Avec vous tous ». Six mots publiés sur les réseaux sociaux ont suffi à Maria Corina Machado pour annoncer, dimanche 25 octobre, qu’elle était rentrée au Venezuela. L’opposante avait quitté le pays fin 2025 alors qu’elle était visée par une interdiction de sortie du territoire, et avait vécu depuis dans la clandestinité hors de ses frontières. Selon The Guardian, son départ était lié à la remise du prix Nobel de la paix qui lui a été décerné.
Son retour intervient dans un paysage politique profondément remanié à Caracas. La présidence par intérim est exercée par Delcy Rodriguez, ancienne adjointe de Nicolas Maduro, que le gouvernement de Donald Trump a écarté du pouvoir en janvier, écrit France 24. Washington a depuis multiplié les gestes de soutien à la dirigeante par intérim. Le mois dernier, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a coprésidé avec elle une cérémonie de signature de contrats énergétiques impliquant des entreprises américaines.
Le président américain, interrogé dimanche 25 octobre, a dit ignorer que l’opposante était rentrée. « J’espère qu’elle est en sécurité », a-t-il ajouté. En septembre, il avait jugé prématuré d’envisager la tenue d’élections démocratiques au Venezuela.
Le désaccord porte moins sur les mots que sur l’argent. Maria Corina Machado défend l’idée que seul un « gouvernement sérieux et démocratique » peut offrir aux investisseurs internationaux la stabilité qu’ils recherchent. Le gouvernement américain, lui, privilégie la négociation directe avec les autorités en place : accords sur la production pétrolière, projets commerciaux, contrats signés avec des groupes américains. Deux lectures opposées de ce qui sécurise un investissement dans un pays qui détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde.
Côté opposition, le retour a été salué par Edmundo Gonzalez Urrutia, allié de Maria Corina Machado et ancien candidat à la présidence, indique Le Monde. D’après Al Jazeera, ce retour survient après des manifestations réclamant des élections libres dans le pays.
Reste la question que personne n’a tranchée publiquement : l’interdiction de sortie du territoire qui pesait sur l’opposante lors de son départ est-elle toujours en vigueur, et quelles suites les autorités entendent-elles lui donner ? Aucune réaction des autorités vénézuéliennes n’a été rapportée. Aucun calendrier électoral n’a davantage été communiqué. Maria Corina Machado est rentrée. Le pays attend de savoir ce qu’il lui en coûtera.