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Togo

Lomé invoque des « indices graves et concordants » contre deux réalisateurs français détenus

Les ministères togolais de la Sécurité et de la Justice ont justifié samedi les poursuites engagées contre deux documentaristes français et leur collaborateur togolais, arrêtés le 27 juillet. Leur avocat affirme qu'ils contestent l'ensemble des faits.

Togo-coast-train Lomé 1905-14, Togo. Image d'archive. Photo : Deutsche Kolonialgesellschaft (DKG) / Wikimedia Commons, Public domain

Un communiqué conjoint des ministres togolais de la Sécurité et de la Justice, publié samedi 22 août, marque la première prise de parole officielle de Lomé sur le sort de Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et Fred Vedomey. Les autorités y affirment que les enquêteurs ont retenu « l’existence d’indices graves et concordants de nature à justifier l’ouverture de poursuite du chef de fausses déclarations ». Les trois hommes ont été interpellés le 27 juillet alors qu’ils tournaient un épisode de la série documentaire « Les routes de l’impossible », diffusée sur France Télévisions, rapporte l’AFP.

Contacté samedi par l’AFP, l’avocat togolais de l’équipe, Me Martial Akakpo, indique que ses clients « ne reconnaissent aucun fait ». Reporters sans frontières (RSF) réclame de son côté leur libération « sans délai ».

Une autorisation au nom d’un seul homme

Selon le communiqué gouvernemental, il est notamment reproché à l’équipe d’avoir utilisé un drone dans des zones « soumises à un régime de sensibilité sécuritaire particulier », au premier rang desquelles la région des Savanes, à l’extrême nord du pays. Les trois hommes se « prévalaient d’une autorisation délivrée par le ministère chargé du Tourisme », précisent les ministères, mais ce document daté du 19 juin 2026 « avait été signée au seul nom de M. Vedomey Komi » et se limitait « strictement » à des localités déterminées, qui n’incluaient pas les Savanes. Lomé évoque en outre « plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution » de la mission, sans les détailler.

Les trois hommes ont été présentés au parquet de Lomé le 17 août, en présence de leur conseil, selon le même communiqué. Le gouvernement les décrit comme « détenus en lieu sûr, dans des conditions conformes aux normes et standards internationaux » et assure qu’ils bénéficient d’un avocat depuis l’enquête préliminaire, de l’assistance consulaire française, et qu’ils ont pu communiquer avec leurs proches. Aucun calendrier judiciaire n’a été rendu public.

RSF demande une évacuation sanitaire

Dans un communiqué transmis samedi à l’AFP, le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, soutient que les trois hommes « ont agi de manière transparente et multiplié les démarches pour respecter la réglementation togolaise : autorisation de tournage obtenue en amont, caractère professionnel du séjour déclaré et matériel de tournage signalé à la douane ». L’organisation affirme par ailleurs que Sebastian Perez Pezzani « souffre de graves problèmes de santé » et demande aux autorités togolaises « d’autoriser son évacuation sanitaire urgente vers la France ». Les familles des deux réalisateurs avaient exprimé mercredi leur « immense inquiétude », dans un précédent communiqué de RSF.

Rien ne permet d’établir qu’ils auraient sciemment effectué de « fausses déclarations

Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières

Du côté de la production, le directeur général de Tony Comiti Productions, Patrice Lucchini, affirmait mercredi que l’équipe était « en règle » et qu’elle avait « dépassé une zone » par inadvertance. Les deux versions restent donc en opposition : les autorités parlent de fausses déclarations, la production et la défense d’une erreur de périmètre sur un tournage autorisé.

L’affaire se déroule dans une région sous haute surveillance. La région des Savanes est placée sous état d’urgence depuis 2022, en raison de la menace jihadiste. Depuis la fin de l’année 2021, l’extrême nord du Togo subit des incursions de combattants venus du Burkina Faso voisin, où opèrent des groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Ce contexte sécuritaire encadre étroitement les déplacements, et plus encore l’usage d’aéronefs télépilotés, dans la bande frontalière.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

HARMATTAN Golfe de Guinée et rivière Mano : Togo, Bénin, Guinée, Liberia, Sierra Leone. Commerce transfrontalier, mines, filières agricoles. harmattan@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode