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Nigeria

Des dizaines de fidèles enlevés lors d’attaques contre des villages de l’État du Niger, au Nigeria

Des hommes armés ont attaqué vendredi une mosquée et plusieurs villages du centre-ouest du Nigeria, enlevant des dizaines de personnes, selon la police et des habitants. Le bilan humain reste incertain et aucun chiffre officiel n'a été confirmé.

Gurarafalls, Niger. Image d'archive. Photo : Shiraz Chakera / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Des assaillants armés ont enlevé des dizaines de personnes vendredi dans l’État du Niger, dans le centre-ouest du Nigeria, après avoir attaqué une mosquée et des localités voisines, ont indiqué la police et des rescapés, selon Al Jazeera. L’État du Niger est une entité fédérée nigériane, à ne pas confondre avec la République du Niger voisine.

D’après le porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, cité par l’agence Reuters, les hommes armés ont d’abord visé les villages de Gidan-Zana et de Kpenya, avant de faire irruption vers 14 heures locales dans la mosquée de Kpenya, située dans le district de Dekara, au sein de la zone de gouvernement local de Borgu. Le porte-parole a précisé samedi que la police avait connaissance des enlèvements, mais n’avait reçu aucun signalement de personne tuée, et qu’un « détachement conjoint de sécurité a été déployé dans la zone pour évaluation et opérations de secours ».

Le nombre exact de personnes emmenées n’a pas été établi par les autorités. Des habitants ont affirmé à Reuters que plus de soixante fidèles avaient été enlevés, un chiffre que l’agence indique n’avoir pas pu vérifier de manière indépendante. D’autres résidents ont assuré à l’AFP que des personnes avaient également été tuées, une allégation qui n’a pas non plus pu être confirmée dans l’immédiat.

Des récits de rescapés impossibles à vérifier

Jibril Ahmad, présenté par l’AFP comme un rescapé de l’attaque de Dekara, a mis en cause des membres du groupe armé Lakurawa. « Juste après la fin de la prière habituelle du vendredi, le groupe armé des Lakurawa, par centaines, munis de fusils, de couteaux et de machettes, a commencé à nous attaquer », a-t-il déclaré à l’agence française. Il a affirmé que des personnes avaient été tuées, sans que ces propos puissent être recoupés.

Toujours selon ce témoignage rapporté par l’AFP, un troisième groupe, désigné sous le nom de Mahmuda, serait intervenu et se serait heurté aux ravisseurs, permettant à une partie des personnes enlevées de s’échapper. Un député fédéral, Jafaru Mohammed, a indiqué à l’AFP que plusieurs villages des environs avaient également été frappés. « Certains membres du groupe Mahmuda étaient opposés à la doctrine des Lakurawa, et lorsqu’ils ont appris ce que faisaient les Lakurawa, ils les ont combattus », a-t-il déclaré.

Un homme et sa famille qui fuyaient la ville hier ont été tués lorsque leur voiture a heurté une mine posée par les terroristes. Tout le monde vit dans la peur.

Abdullahi Ahmad, habitant, à l’AFP

Selon ce même habitant, les assaillants sont revenus samedi dans la zone pour capturer d’autres personnes, présentées comme une monnaie d’échange en prévision d’un déploiement de troupes attendu, et auraient miné la route sortant de Dekara. Ces affirmations n’ont pas été confirmées par les autorités.

Une zone frontalière sous pression

Les faits se sont produits dans une région proche de la frontière occidentale du Nigeria avec le Bénin, où l’activité de groupes armés locaux et de combattants venus des zones voisines s’est intensifiée, rapporte Al Jazeera, alors que l’insurrection qui dure depuis dix-sept ans dans le pays reste concentrée dans le nord-est.

Les enlèvements de masse constituent depuis plusieurs années un mode opératoire récurrent des groupes armés nigérians. Ils se sont transformés en une activité lucrative, chiffrée en millions de dollars, impliquant des réseaux à motivation idéologique comme des bandes purement criminelles dans le nord-ouest et le centre du pays, souligne Al Jazeera. Aucun bilan officiel consolidé, ni calendrier d’opération militaire, n’avait été communiqué au moment de la publication de la dépêche.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

DJOLIBA Mali et Niger, le long du fleuve Niger. Transitions politiques, sécurité, uranium, or, agriculture irriguée. djoliba@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode