Un court métrage tourné à l’issue de plusieurs sessions de formation sera projeté « dans les jours à venir » dans des salles de Conakry. C’est l’aboutissement concret d’un cycle d’ateliers organisé par la Fédération nationale des comédiens et cinéastes de Guinée (FENACOCIG), qui a porté sur la réalisation, l’écriture de scénario et les techniques du son et de la lumière, selon un entretien accordé par son président, Mohamed Soumah, au site Mosaïque Guinée.
Ces formations ont été financées en partie grâce à un protocole d’accord signé avec la Direction générale des élections, dans le cadre de la participation de la fédération aux élections législatives et communales qui viennent de se tenir. Une collaboration qui, d’après Mohamed Soumah, a « beaucoup aidé » financièrement une structure dont les cotisations de membres ne suffisent pas à couvrir les besoins.
Recenser avant de professionnaliser
La FENACOCIG regroupe les associations de comédiens, de réalisateurs, de scénaristes, de monteurs et, plus largement, l’ensemble des métiers du cinéma. Son objet, tel que le décrit son président, est de parler d’une seule voix face aux autorités et aux bailleurs. Le chantier prioritaire depuis son arrivée à la tête de l’organisation est le recensement : identifier qui est comédien, qui est réalisateur, puis rattacher chacun à l’association correspondant à son métier. Ce travail serait aujourd’hui achevé à près de 90 %.
Le diagnostic posé par le responsable est celui d’un secteur sans porte d’entrée définie. « N’importe qui pouvait se réclamer cinéaste ou comédien du jour au lendemain », affirme-t-il, en opposant cette situation aux normes qui prévalaient, selon lui, à ses débuts. Cette absence de cadre expliquerait en partie la difficulté du cinéma guinéen à répondre aux exigences techniques des grands festivals et des cérémonies internationales de récompense.
Vivre de son art, la question centrale
Sur le marché intérieur, les œuvres guinéennes circulent : chaînes de télévision locales et plateformes numériques les diffusent, même si la consommation de productions étrangères reste importante, reconnaît Mohamed Soumah. Mais la diffusion ne fait pas un revenu. Dans le milieu qu’il dirige, résume-t-il, « les gens y travaillent davantage par passion que comme une véritable source de revenus ».
L’argument économique avancé par la fédération tient à l’effet d’entraînement du secteur. Un tournage mobilise des comédiens, mais aussi des maquilleurs, des monteurs, des cadreurs, des techniciens du son et de la lumière, autant de rémunérations générées par une seule production. D’où la conviction, exprimée par le président de la FENACOCIG, que le cinéma constitue une industrie capable de peser sur le chômage, à condition que des investissements précèdent les revenus.
On en parle, des projets sont élaborés, mais il n’y a pas encore de subvention effective mise à la disposition du secteur du cinéma.
Mohamed Soumah, président de la FENACOCIG, à Mosaïque Guinée
La fédération dit également négocier des partenariats avec des maisons de production afin d’élever le niveau technique des œuvres à venir. Elle entend par ailleurs faire respecter des règles déontologiques, son président estimant que certaines productions diffusées en ligne ou à la télévision sont réalisées sans maîtrise des sujets abordés. Le cinéma, plaide-t-il, « vaut plus que de l’or ». Le montant des financements recherchés, le calendrier des prochaines formations et le volume des ressources issues du protocole électoral n’ont pas été précisés.