1,7 milliard de dollars, soit environ 22 milliards de cedis : c’est le montant que le Fonds monétaire international associe, pour l’année 2025, au programme national d’achat d’or de la Banque du Ghana, connu sous le sigle DGPP. Dans son évaluation du dispositif, l’institution estime que sa montée en puissance rapide a engendré des pertes substantielles pour la banque centrale et l’a exposée à des risques quasi budgétaires importants. Le chiffre est contesté.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux le samedi 22 août et relayée par MyJoyOnline, le député d’Effutu affirme que la controverse a quitté le terrain des comptes pour se porter sur sa personne. « Au cours de la semaine passée, toutes sortes d’insultes et d’attaques personnelles ont été dirigées contre moi, apparemment pour porter atteinte à ma réputation et détourner l’attention des questions de fond que j’ai soulevées », écrit-il.
Le chef de la minorité dit avoir également été visé par des affirmations qu’il juge fausses et diffamatoires sur ses motivations. « Ces allégations sont entièrement fausses, et je les rejette sans réserve », insiste-t-il. Leurs auteurs ne sont pas identifiés et ces accusations, non étayées publiquement, restent à ce stade de simples allégations, sans procédure connue.
Il rattache sa démarche au mandat constitutionnel du Parlement, qui contrôle la dépense publique et les institutions exerçant une autorité publique. « En tant que chef de la minorité au Parlement, ma responsabilité est d’aider le Parlement à s’acquitter de sa fonction constitutionnelle de contrôle », souligne le député, qui assure n’avoir agi ni par un motif inapproprié ni de manière déplacée dans l’exercice de ses fonctions.
Face à lui, le directeur général du Ghana Gold Board, Sammy Gyamfi, refuse que les 1,7 milliard de dollars soient présentés comme une perte de son institution. Le montant relève du programme d’achat d’or de la banque centrale, plaide-t-il, et non des résultats de GoldBod, dont les états financiers audités de 2025 font apparaître un excédent opérationnel de 907 millions de cedis et un excédent global supérieur à 5,4 milliards de cedis. Son rôle dans le dispositif, ajoute-t-il, se limitait à acheter et regrouper l’or pour le compte de la banque centrale, sans intervenir dans la revente, la fixation des prix ni la négociation des contrats d’enlèvement.
Le mécanisme éclaire l’enjeu. Une banque centrale qui achète de l’or en monnaie locale pour gonfler ses réserves s’expose aux variations du cours du métal comme à celles du taux de change : si elle revend moins cher qu’elle n’a payé, la perte s’inscrit à son bilan, réduit ce qu’elle peut reverser au Trésor et finit par peser sur les finances publiques. C’est précisément la logique du FMI, qui demande que les pertes liées au programme et aux activités de GoldBod soient à terme inscrites en toute transparence au budget national. Pour un pays qui a bâti une partie de sa stratégie de reconstitution des réserves sur l’or, la facture n’est donc pas un débat comptable réservé aux spécialistes.
Qui portera la perte, in fine ? La minorité soutient que la question de l’institution qui l’inscrira dans ses comptes importe moins que celle de son origine : comment elle est née, quel rôle a joué chaque acteur, si les opérations offraient une contrepartie à la hauteur des sommes engagées et quelles mesures empêcheront la répétition d’une telle exposition.
Le FMI veut voir ces pertes remonter au budget de l’État. Ce transfert reste à faire, et le Parlement ghanéen n’a pas dit quand il s’en saisirait.