Aller au contenu
Reference infos Reference infos Afrique & Monde
Nigeria

La gouvernance de la fédération nigériane de football contestée avant le renouvellement de son bureau

Plusieurs figures du football nigérian réclament publiquement que le bureau de la Fédération nigériane de football, dirigé par Ibrahim Musa Gusau, renonce à se représenter. Les accusations, relayées par une chronique du quotidien Vanguard, portent sur la gestion financière et les résultats sportifs.

Wiki Conference Nigeria 09, Nigeria. Image d'archive. Photo : Ngostary2k / Wikimedia Commons, CC0

Le débat sur l’avenir de la direction de la Fédération nigériane de football (NFF) occupe une place centrale dans les discussions sportives du pays. Selon une chronique signée Patrick Omorodion et publiée par le quotidien Vanguard, plusieurs acteurs du football national demandent au bureau sortant, présidé par Ibrahim Musa Gusau, de démissionner ou, à défaut, de ne pas briguer un nouveau mandat lors de la prochaine élection. La date de ce scrutin n’est pas précisée par la source.

Parmi les voix citées figurent l’ancien international Segun Odegbami, Danladi Bako, l’avocat Godwin Dudu-Orumen, le rédacteur en chef des pages sportives de Vanguard, Tony Ubani, ainsi que le journaliste et analyste de gouvernance Osasu Obayiuwana, ancien correspondant sportif de la BBC installé à Londres. Tous estiment, d’après la chronique, que l’équipe dirigeante actuelle n’a pas de légitimité pour solliciter un nouveau mandat.

Des recommandations restées lettre morte

Osasu Obayiuwana affirme avoir siégé, entre 2018 et 2020, au sein d’un comité de réforme de la gouvernance de la NFF présidé par Seyi Akinwunmi, alors premier vice-président de la fédération. Il soutient que les recommandations de ce comité ont été ignorées par la direction de l’époque, conduite par Amaju Pinnick, dont Ibrahim Musa Gusau était membre du bureau et du congrès. Il indique également avoir attendu trois mois pour obtenir un organigramme du secrétariat, document qu’il juge inexploitable.

Le Nigeria dispose de personnes brillantes, de niveau mondial, capables de bien gérer le football. Mais tant que les institutions du football du pays ne seront pas restructurées pour instaurer le mérite, la compétence et l’intégrité, son football restera entre les mains de personnes médiocres.

Osasu Obayiuwana, journaliste et analyste de gouvernance, cité par Vanguard

La contestation s’appuie aussi sur les déclarations de techniciens auditionnés par un comité d’enquête interne présidé par Fanny Amun. Le directeur technique Austin Eguavoen y a évoqué un manque de moyens matériels pour exercer sa fonction, tandis que le sélectionneur Justin Madugu a fait état de difficultés de travail au sein de la fédération. Obayiuwana reproche à l’un comme à l’autre de ne pas s’être exprimés publiquement plus tôt et affirme avoir entendu dire que Justin Madugu, arrivé dans le staff comme adjoint en 2022, cumulerait plusieurs années d’arriérés de salaire. Cette information n’est pas confirmée par une source officielle.

Des ressources financières mises en cause

Dans le même texte, le journaliste Sylvanus Ofekun soutient qu’aucune direction de la NFF n’a disposé d’autant de ressources que l’actuelle. Il cite 17 milliards de nairas débloqués en janvier 2024, auxquels s’ajouteraient des fonds d’intervention du gouvernement fédéral, des versements du programme FIFA Forward, des subventions de la Confédération africaine de football et des recettes de sponsoring. Il estime que ces montants n’ont pas produit de résultats, évoquant l’absence des sélections masculine et féminine à la Coupe du monde, la faible présence des équipes de jeunes dans les grandes compétitions et les difficultés des clubs du championnat national.

Toujours selon Sylvanus Ofekun, un contentieux opposerait les Super Falcons, la sélection féminine, à la fédération devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne, au sujet de primes et d’indemnités impayées. Ni le montant réclamé ni le calendrier de la procédure ne sont précisés. La NFF n’a pas réagi publiquement à ces affirmations dans le texte de Vanguard, qui rappelle en fin d’article que les opinions exprimées n’engagent pas le journal.

La chronique établit enfin un parallèle avec 2005 : le président de la fédération de l’époque, Ibrahim Galadima, avait été écarté après la non-qualification des Super Eagles pour la Coupe du monde 2006, sans qu’aucune affaire financière lui soit reprochée. Vingt ans plus tard, après deux absences consécutives en phase finale du Mondial, l’auteur juge injustifiée toute reconduction de l’équipe actuelle. Aucune enquête judiciaire n’est décrite dans le détail par la source, et les personnes visées bénéficient de la présomption d’innocence.

Le football reste au Nigeria un enjeu public majeur, à la fois par sa popularité et par les fonds publics qui lui sont consacrés. Le bureau de la NFF est élu par un congrès réunissant les représentants des ligues et associations affiliées, ce qui rend l’issue du prochain scrutin dépendante de ces délégués plus que de l’opinion publique. Aucune date de vote ni aucune décision officielle n’ont été communiquées à ce stade.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

DELTA Nigeria : première économie et première population du continent. Politique fédérale, pétrole, naira, sécurité, industries créatives. delta@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

En écoute