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Tchad

À N’Djamena, un orphelinat privé héberge cinquante enfants sans école ni centre de santé

Fondé en 2011 dans le quartier N'Djari par Mianodji Tabitha Hawa, l'orphelinat Apsoa vit de dons et des ressources propres de sa fondatrice, rapporte RFI. Quinze ans après son ouverture, il a accueilli près de 2 000 enfants.

SheSaid Tchad, Tchad. Image d'archive.
SheSaid Tchad, Tchad. Image d'archive. Photo : Korom10 / Wikimedia Commons, CC BY 4.0

Cinquante enfants, cinq chambres et un salon. La concession fait environ 500 mètres carrés, dans le 8e arrondissement de N’Djamena, quartier N’Djari. Une vingtaine de lits, des nattes posées au sol, un téléviseur : c’est l’équipement de l’orphelinat Apsoa, qui ne dispose ni d’une école, ni d’un centre de santé. La pensionnaire la plus jeune a un mois.

Mianodji Tabitha Hawa a transformé sa propre maison en orphelinat. Employée de banque dans les années 1980, mariée à 12 ans, maltraitée puis veuve, elle situe l’origine du projet en 2004. « Je suis allée voir les veuves puisque j’étais veuve aussi, les veufs également, les personnes de bonne volonté. Et c’est en 2011 qu’on a eu l’autorisation de fonctionner », raconte la fondatrice.

Qui paie ? Des particuliers, pour l’essentiel. Des visiteurs apportent des stylos et des cahiers, après des appels lancés en ligne par le responsable de la communication de la structure. « Nous nous débrouillons avec les moyens du bord », dit Tabitha Hawa. Les soins suivent la même logique de débrouille : une petite caisse de pharmacie tenue sur place, puis l’hôpital quand l’état d’un enfant l’exige. « Au cas où c’est plus que notre force, on est obligé de passer par l’hôpital, et nous-même, nous dépensons notre argent pour les soins », explique-t-elle. Aucun financement public n’est mentionné.

Les loisirs reposent eux aussi sur le bénévolat. Laouré Paulin, rappeur et ancien juriste, anime des séances de musique et de jeux. « Ces activités permettent également de véhiculer certaines valeurs, par exemple le respect, l’amour, la dignité », explique-t-il.

Reste le chantier qui n’avance pas. L’orphelinat possède un terrain destiné à accueillir une école, mais le projet attend depuis des années faute de partenaire financier, et aucun calendrier n’a été communiqué. En attendant, les plus petits font la route à pied jusqu’à l’établissement scolaire. « Les soucis, c’est le fait que les enfants, les tout petits, marchent d’ici pour aller à l’école », confie la fondatrice, qui résume ainsi l’obstacle : « Il faut que tu aies les finances pour pouvoir faire ce genre de travail. »

Depuis 2011, Apsoa dit avoir accueilli près de 2 000 orphelins, sans distinction d’ethnie, de religion ou de sexe, soit plus d’une centaine d’enfants par an en moyenne. RFI relie cette prise en charge privée à l’absence de dispositifs publics de protection de l’enfance au Tchad : ce sont des initiatives individuelles, aux moyens limités, qui assurent une mission qui relève ailleurs de l’État et de ses budgets sociaux.

Le modèle tient tant que les dons tiennent. Un orphelinat qui finance ses hospitalisations sur la poche de sa fondatrice n’a ni trésorerie, ni ligne budgétaire, ni garantie pour l’année suivante.

Le terrain de l’école, lui, est déjà là. Il attend un bailleur.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

SAHEL Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Sécurité, gouvernance, pastoralisme, climat, transitions politiques. sahel@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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