Trois cents litres de produit larvicide ont été remis aux services d’hygiène de Touba. Des drones survolent les quartiers que les équipes à pied n’atteignent pas, des véhicules assurent la logistique et des agents formés procèdent au saupoudrage. L’opération associe le mouvement Touba Ca Kanam, la Direction de la protection des végétaux (DPV) et les services d’hygiène, avec l’appui de Bara Gaye, de « Médias Afrique ».
Le capitaine Moussa Diop, chef de la brigade spéciale d’hygiène de Touba, a détaillé la méthode. Une cartographie des zones inondées de la ville a été dressée en amont, recensant plus d’une centaine de sites, afin qu’aucun quartier ne soit laissé de côté. Il a indiqué que des études préalables ont porté sur la qualité du produit et qu’il ne présente, selon lui, aucun danger pour l’environnement.
La campagne s’étale sur cinq jours et constitue une nouveauté cette année, selon Dakaractu. Serigne Mame Mor Mbacké de Touba et Matar Sarr ont indiqué que la commune voisine de Mbacké sera également traitée, de même que les bassins de rétention de la zone.
La saison compte. Chaque hivernage, les eaux de pluie stagnent dans les quartiers bas de Touba, deuxième agglomération du Sénégal, et forment les gîtes où se développent les larves d’anophèle, le moustique vecteur du paludisme. Le pic de transmission survient précisément après les dernières pluies, quand les flaques persistent et que la température reste élevée. Traiter les larves avant qu’elles n’atteignent le stade adulte revient à casser le cycle en amont, plutôt qu’à courir derrière les moustiques.
Le choix du partenaire n’est pas anodin : la DPV, service de l’État chargé de la lutte contre les ravageurs des cultures, dispose du matériel de pulvérisation et d’équipes habituées au traitement de grandes surfaces. Ses drones, employés dans les champs, servent ici à atteindre des zones urbaines inaccessibles aux agents. Le coût de l’opération et la répartition de son financement n’ont pas été communiqués.
Reste la suite. Les cinq jours annoncés couvriront les sites cartographiés, mais les bassins de rétention, eux, resteront en eau. Personne n’a dit si le traitement serait renouvelé avant la prochaine saison des pluies.