Le véhicule de patrouille progressait à la sortie de Gamboru, dans le village de Kinuba, à 25 kilomètres de cette localité du nord-est nigérian, quand il a roulé sur la charge. « Les huit soldats qui se trouvaient dans le véhicule ont tous été tués dans l’explosion », a déclaré un officier de l’armée en poste dans la région. L’attaque s’est produite le samedi 17 octobre.
Les militaires supervisaient une opération de débroussaillage menée par des miliciens antijihadistes le long de la chaussée. Les combattants de l’ISWAP se servent de ces fourrés comme couverture pour tendre des embuscades aux soldats et aux automobilistes, d’où ces chantiers de dégagement répétés. Un milicien chargé d’encadrer le travail a été blessé par des éclats, selon Ibrahim Liman, membre d’une milice qui épaule l’armée.
L’engin explosif avait été placé sur la route et déclenché à distance à l’aide d’un cordon détonant
Ibrahim Liman, membre d’une milice antijihadiste
Le même jour, le chef d’état-major de l’armée de terre, le lieutenant général Waidi Shaibu, se trouvait à Maiduguri, capitale de l’État de Borno, auprès des troupes déployées dans la région. Sa visite suivait de quelques jours l’assaut contre une base militaire qui avait fait quinze morts parmi les soldats et cinq parmi les membres d’une milice antijihadiste, rapporte Dakaractu.
Gamboru, dans la zone de Ngala, se tient face à la ville camerounaise de Fotokol, de l’autre côté du fleuve. C’est l’un des points de passage commerciaux entre le nord-est du Nigeria et le bassin du lac Tchad, emprunté par les transporteurs et les commerçants de la région. Chaque mine posée sur cet axe en ferme un peu plus l’usage.
L’insurrection a commencé en 2009. Dix-sept ans plus tard, elle a fait des dizaines de milliers de morts et poussé près de deux millions de personnes à quitter leur foyer dans le nord-est du pays, avant de déborder sur le Niger, le Tchad et le Cameroun, qui ont formé avec Abuja une coalition militaire régionale. Les violences avaient reflué après leur pic d’il y a dix ans. Elles remontent depuis deux ans.
Pourquoi ce retour ? Les sources citées par le média sénégalais n’avancent pas d’explication. L’armée nigériane n’a pas publié de bilan officiel de l’explosion de Kinuba. Les milices locales, elles, continuent de couper les broussailles au bord des routes, mètre par mètre.