Le chef de la minorité au Parlement ghanéen, Alexander Afenyo-Markin, a réaffirmé son intention de poursuivre l’examen du programme national d’achat d’or de la Banque du Ghana (Domestic Gold Purchase Programme, DGPP). Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux le samedi 22 août, le député d’Effutu affirme que les attaques personnelles dont il dit faire l’objet ne le détourneront pas des questions financières qu’il a soulevées, rapporte MyJoyOnline.
Au cœur du différend : une perte estimée à 1,7 milliard de dollars, soit environ 22 milliards de cedis, associée au programme pour l’année 2025. Dans son évaluation du dispositif, le Fonds monétaire international a estimé que la montée en puissance rapide du DGPP avait engendré des pertes substantielles pour la banque centrale et exposé celle-ci à des risques quasi budgétaires importants, selon la même source.
« Au cours de la semaine écoulée, toutes sortes d’insultes et d’attaques personnelles ont été dirigées contre moi, apparemment pour tenter de porter atteinte à ma réputation et détourner l’attention des questions de fond que j’ai posées », a déclaré Alexander Afenyo-Markin. Le responsable parlementaire rejette « sans réserve » ce qu’il qualifie d’allégations « fausses et diffamatoires » sur ses motivations. Selon une autre dépêche de MyJoyOnline, il envisage des recours judiciaires.
GoldBod conteste l’imputation des pertes
Le directeur général du Ghana Gold Board (GoldBod), Sammy Gyamfi, réfute l’idée que les 1,7 milliard de dollars constituent une perte de son institution. Il soutient que ce montant se rattache au programme de la banque centrale et ne saurait être imputé aux comptes de GoldBod. Il met en avant les états financiers audités de 2025 de l’organisme, qui font apparaître un excédent d’exploitation de 907 millions de cedis et un excédent global de plus de 5,4 milliards de cedis.
Sammy Gyamfi affirme par ailleurs que le rôle de GoldBod, dans le cadre du DGPP en 2025, se limitait à l’achat et à l’agrégation d’or pour le compte de la Banque du Ghana. Selon lui, l’organisme n’intervenait ni dans la revente du métal, ni dans la fixation des prix de vente, ni dans la négociation des contrats d’enlèvement. Le FMI, de son côté, considère le programme comme une source de risque financier significatif pour la banque centrale et recommande que les pertes liées au dispositif et aux activités de GoldBod soient inscrites de manière transparente au budget national.
Un débat sur la stratégie or-réserves
Alexander Afenyo-Markin situe sa démarche dans le mandat constitutionnel du Parlement. « En tant que chef de la minorité au Parlement, ma responsabilité est d’aider le Parlement à s’acquitter de sa fonction constitutionnelle de contrôle », a-t-il déclaré, ajoutant n’avoir agi « ni par motif inapproprié » ni de façon contraire à ses devoirs. Pour la minorité, quelle que soit l’institution qui portera in fine la perte comptable, le Parlement doit déterminer comment elle est née, le rôle de chaque acteur, si les opérations ont offert une contrepartie suffisante et quelles mesures sont prises pour éviter une exposition comparable.
La controverse dépasse désormais le seul cas de GoldBod. Elle porte sur le coût budgétaire de la stratégie ghanéenne consistant à acheter de l’or sur le marché intérieur pour renforcer les réserves de change, et sur la question de savoir si les bénéfices économiques attendus compensent les pertes enregistrées par la banque centrale. Les achats d’or nationaux avaient été présentés comme un instrument de soutien au cedi, dans un pays qui figure parmi les premiers producteurs d’or du continent.
Aucun calendrier d’audition parlementaire n’a été communiqué à ce stade, et la Banque du Ghana n’a pas fait connaître publiquement sa réponse aux critiques de la minorité, selon les éléments rapportés par MyJoyOnline.