Plus de trois ans de détention pour certains. Quelques semaines seulement pour d’autres : parmi les soldats libérés, une partie avait été capturée lors des affrontements de la fin du mois d’avril, une autre lors des attaques coordonnées menées début juillet par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et le FLA. Le mouvement touareg a annoncé l’opération dans un message publié sur Facebook.
Le FLA parle d’un échange contre « quelques prisonniers de guerre ». Son porte-parole présente les personnes libérées à Bamako comme des « civils », sans en préciser le nombre, et les décrit « dans un état physique et mental insoutenable » après une détention qui aurait duré, pour certains, « depuis cinq ans ».
Bamako n’emploie pas ce mot. Une source sécuritaire citée par RFI évoque la libération « d’au moins huit combattants du FLA », et non de civils. Les deux versions n’ont pas été recoupées de manière indépendante, et l’écart porte sur un point qui n’est pas de détail : le statut des personnes remises à la rébellion.
L’échange s’inscrit dans une série. Le 13 août, plus de quatre-vingts militaires détenus depuis le mois d’avril avaient été relâchés, puis six soldats blessés trois jours plus tard, le 16 août. Le jeudi 20 août, deux anciens combattants de l’ex-groupe paramilitaire russe Wagner, devenu Africa Corps, retenus dans le nord du Mali par des jihadistes et leurs alliés du FLA, avaient à leur tour été libérés.
Le FLA rassemble des mouvements à dominante touarègue du nord du Mali, opposés aux autorités de transition issues des coups d’État de 2020 et 2021. Depuis le printemps, il a multiplié les opérations contre l’armée, parfois en coïncidence avec celles du Jnim, affilié à al-Qaïda, sans que les deux organisations revendiquent une alliance formelle.
Reste une question : qui a négocié ? Le canal utilisé pour ces libérations successives ne ressort pas des éléments rendus publics par les deux camps, pas davantage que le calendrier d’éventuels échanges à venir. Des familles attendent encore. Chaque liste de noms libérés en dessine une autre, celle des absents.