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Assemblée du FMI à Bangkok

Le FMI chiffre l’apport de l’intelligence artificielle à la croissance mondiale et alerte sur sa concentration

Réunis à Bangkok, le FMI, des banquiers centraux et des ministres des Finances ont décrit l'intelligence artificielle comme le premier moteur de la croissance mondiale de 2026, et comme son principal facteur de risque, rapporte Libération.

Methodist Episcopal Church, circa 1920 - Morocco, Indiana (5866254628), Maroc. Image d'archive.
Methodist Episcopal Church, circa 1920 - Morocco, Indiana (5866254628), Maroc. Image d'archive. Photo : Steve Shook from Moscow, Idaho, USA / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Sans l’intelligence artificielle, les échanges mondiaux auraient progressé deux fois moins vite depuis trois ans. « Le commerce mondial a enregistré une croissance cumulée de 8,3 % entre 2023 et 2025 », a détaillé mardi 13 octobre Silvana Tenreyro, cheffe économiste du Fonds monétaire international, pour qui ce total aurait été quasiment réduit de moitié sans « un bond de 29 % » des échanges liés à l’IA.

Le Fonds attend 3,1 % de croissance mondiale en 2026. Les investissements engagés dans les centres de données et les puces ont, selon lui, amorti le choc des prix de l’énergie et soutenu l’activité. Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine, voit dans l’arrivée de ces technologies « probablement le changement le plus déterminant pour l’économie mondiale de mon vivant ».

Le Fonds décrit un monde à deux vitesses. Taïwan et la Corée du Sud assurent 62 % du commerce des puces et composants informatiques liés à l’IA, tandis que les États-Unis et la Chine accueillent 57 % des centres de données bâtis depuis 2024, une concentration industrielle et géographique que l’institution juge préoccupante. « On en voit l’effet sur le PIB, les Bourses, l’obligataire, les flux commerciaux. Ce n’est qu’un début », observe Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada.

Cinq cents milliards de dette en neuf mois

Le modèle repose désormais sur l’endettement. Les acteurs américains de l’IA ont levé environ 500 milliards de dollars de dette entre janvier et septembre, rapporte Libération, des émissions qui concurrencent celles des États et contribuent à la hausse des rendements des obligations souveraines. Les experts de Moody’s Analytics estiment de leur côté que l’envolée des prix de l’énergie et la remontée des taux d’intérêt « menacent de mettre un coup d’arrêt à l’essor de l’IA », en alourdissant les coûts d’exploitation et de financement ; un conflit qui s’éterniserait au Moyen-Orient « pèserait lourdement sur les fondements économiques des investissements IA », préviennent-ils.

« Une perte de confiance entraînant un désengagement financier vis-à-vis de l’IA pourrait faire peser des risques sur la stabilité financière », a déclaré à l’AFP la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, qui recommande « aux gouvernements de ne pas dépendre outre mesure d’un seul secteur ». L’un des scénarios du Fonds chiffre l’effet d’un repli des investissements dans l’IA à 0,4 % de PIB mondial en moins d’ici 2028. Autre front ouvert à Bangkok : les attaques informatiques contre les infrastructures financières, pour lesquelles le G7 a décidé de créer un groupe de travail.

Avant les algorithmes, le courant électrique

Faute de régulation, « en l’absence de garde-fous, les risques pourraient dépasser les opportunités », a déclaré Kristalina Georgieva vendredi 16 octobre. Elle met toutefois en garde contre un renoncement prématuré : « Nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements. On observe des améliorations progressives de la productivité individuelle, pas encore de transformation à grande échelle. » Et de rappeler la condition d’entrée : « Certaines conditions préalables doivent être réunies pour que chacun, partout, en profite, la première concernant l’infrastructure numérique et l’accès à l’électricité, ce qui est loin d’être une réalité partout. »

C’est précisément là que se joue la question pour les économies ouest-africaines, où le réseau électrique et la connectivité conditionnent tout usage industriel de ces outils. Dans les pays les moins développés, la Banque mondiale préconise de privilégier des applications d’« IA à petite échelle » dans la santé, l’éducation et l’agriculture, plutôt que la course aux modèles de pointe. Une orientation moins spectaculaire. Elle vise des gains immédiats, dans des secteurs qui emploient l’essentiel de la population active du continent.

Reste l’effet sur l’emploi, que personne à Bangkok n’a su trancher. « Il existera des secteurs où l’on observera une corrélation entre l’IA et une fragilisation du marché du travail (…) Nous devons partager nos données afin que soient prises des décisions adaptées », a avancé Jack Clark, cofondateur de la société américaine Anthropic.

Tiff Macklem, lui, convoque un précédent. « La bulle Internet des années 1990 a été marquée par un essor spectaculaire suivi d’un effondrement brutal », rappelle le gouverneur de la Banque du Canada, qui note qu’Internet est resté et « a stimulé la productivité sur une longue période ». La prochaine échéance est connue : les projections du Fonds sur l’horizon 2028, et le comportement des marchés d’ici là.

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Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

ATLAS Afrique du Nord et Moyen-Orient. Diplomatie régionale, énergie. atlas@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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