Une visite de terrain à une quarantaine de kilomètres de Conakry. Le ministre de la Justice et garde des Sceaux de Guinée, Ibrahima Sory II Tounkara, s’est déplacé jeudi dans les centres de détention de Coyah et de Forécariah, rapporte Africa Guinée. Les deux établissements hébergent des personnes transférées depuis la Maison centrale de Conakry.
Selon le même média, l’objectif affiché était de constater les conditions de détention et de vérifier la prise en charge des détenus. Le ministre a profité de la tournée pour formuler plusieurs annonces et répondre aux interrogations de l’opinion publique sur le sort de ces personnes déplacées d’un établissement à l’autre.
On est venu voir comment ces personnes en conflit avec la loi, qui ont été admises dans ces différentes maisons de détention, vivent, mais aussi leur montrer qu’elles ne sont pas laissées pour compte. Ce ne sont pas des renégats, ce sont des personnes qui ont aussi certains droits
Ibrahima Sory II Tounkara, ministre guinéen de la Justice et garde des Sceaux
Médicaments, extensions et fosses septiques
Le garde des Sceaux a assuré que des mesures étaient engagées pour améliorer le quotidien des personnes incarcérées dans ces deux sites. « Les médicaments sont en route. Cela nous a permis de faire l’extension à certains endroits et de procéder à l’épuration de certaines fosses septiques », a-t-il déclaré, cité par Africa Guinée.
Ces trois chantiers, approvisionnement en produits de santé, agrandissement des locaux et assainissement, correspondent aux points de tension les plus courants dans les établissements pénitentiaires de la sous-région, où la surpopulation pèse directement sur l’hygiène et l’accès aux soins.
Des éléments toujours manquants
Plusieurs données essentielles restent inconnues à ce stade. Le nombre de détenus transférés vers Coyah et Forécariah n’a pas été communiqué, pas plus que la capacité d’accueil des deux centres ou les motifs précis de ces transferts depuis la Maison centrale de Conakry. Aucun calendrier n’a été indiqué pour la livraison des médicaments ni pour l’achèvement des travaux annoncés.
Le ministère n’a pas non plus précisé si un dispositif de suivi indépendant serait associé à ces mesures, ni si d’autres établissements du pays feraient l’objet de visites comparables dans les prochaines semaines.