Quarante-deux projets, 3,79 milliards de dollars. C’est le portefeuille climatique que le Togo met sur la table à l’approche de la COP31 : énergie solaire, cuisson propre, agriculture durable, protection du littoral. Derrière l’objectif affiché de réduction des émissions, c’est d’abord une opération de levée de fonds.
Le pays pèse peu dans les émissions mondiales. Il encaisse en revanche les effets du réchauffement comme la plupart de ses voisins : inondations, érosion côtière, sécheresses et pluies devenues irrégulières. Ce déséquilibre entre une responsabilité marginale et une exposition forte est l’argument que les États ouest-africains portent dans les négociations climatiques depuis des années.
Premier levier mobilisé : la forêt, qui stocke le carbone. La Politique forestière 2021-2030 fixe un objectif de 30 % de couverture forestière à l’horizon 2030. L’Office national des aires protégées, créé en 2023, a la charge des parcs et réserves, confrontés à la déforestation et au braconnage.
Le cadre juridique s’est étoffé en parallèle : une loi sur la lutte contre le changement climatique, un Plan national d’adaptation qui organise la protection des populations, une stratégie nationale pour la biodiversité courant jusqu’en 2030. Lomé a par ailleurs déposé aux Nations unies ses engagements actualisés, les CDN 3.0, qui portent la cible de 2035.
L’élément le plus concret est ailleurs. L’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF) a décroché son accréditation auprès du Fonds pour l’adaptation, indique Togonews. La portée est financière : un pays accrédité en accès direct soumet ses dossiers et gère lui-même les décaissements, au lieu de confier l’instruction et la gestion à une agence internationale. Moins d’intermédiaires, donc moins de frais prélevés en route, et un calendrier que le pays maîtrise.
Deux projets sont en préparation. FOREST+ doit permettre aux habitants de la préfecture de Blitta de tirer un revenu durable de la forêt, en structurant des filières comme les fruits, les plantes médicinales ou le miel plutôt que la coupe de bois. Le raisonnement est simple : tant que l’arbre abattu rapporte davantage que l’arbre debout, aucune politique forestière ne tient.
Un second chantier vise la restauration des espaces naturels autour du complexe d’aires protégées Mont Balaam-Assoukoko-Tchorogo, avec un volet consacré aux revenus des populations riveraines.
Reste la question que le portefeuille ne tranche pas : qui paie. Aucun calendrier de financement des 42 projets n’a été communiqué, ni la part attendue des bailleurs publics et du secteur privé. Le dossier est prêt. Les bailleurs, eux, n’ont pas encore signé.