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Guinée-Bissau

Les enfants représentent la moitié des cas de mpox recensés en Guinée-Bissau

Sept cas confirmés et quarante-six cas suspects depuis la déclaration de l'épidémie nationale, le 4 juillet. La moitié des malades sont des enfants, dont seize âgés de moins de quatre ans, rapporte The Guardian.

Banknote of Guinea-Bissau 1993 issue 1000 pesos, Guinée-Bissau. Image d'archive.
Banknote of Guinea-Bissau 1993 issue 1000 pesos, Guinée-Bissau. Image d'archive. Photo : Gadogado123 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Tout est parti d’une femme de 27 ans, premier cas confirmé du pays, un peu plus d’une semaine avant que les autorités sanitaires ne déclarent l’épidémie nationale, le 4 juillet. Le mpox n’avait jamais été signalé en Guinée-Bissau auparavant. Près de deux mois plus tard, la maladie n’a tué personne dans le pays, mais elle réapparaît par à-coups, et ce sont les plus jeunes qui paient le tribut le plus lourd : seize des malades recensés ont moins de quatre ans.

Dans un communiqué diffusé le jeudi 20 août, l’Unicef a prévenu que la fragilité des dispositifs de surveillance sanitaire laisse vraisemblablement le virus circuler sans être repéré, exposant davantage d’enfants. « C’est la première fois que des cas de mpox sont signalés en Guinée-Bissau, ce qui fait même d’une flambée limitée un événement majeur de santé publique », explique Sandra Martins, représentante adjointe de l’agence dans le pays.

La quasi-totalité des cas confirmés se concentre dans le secteur autonome de Bissau, où se trouve la capitale ; un seul a été détecté dans la région voisine de Biombo. Des agents de santé indiquent que les clades identifiés correspondent aux virus qui circulent dans les pays voisins, ce qui maintient un risque élevé de transmission transfrontalière dans la sous-région. Aucun décès n’a été enregistré à ce jour.

Magda Robalo, ancienne ministre de la Santé qui avait piloté la riposte au Covid-19, estime que combler « les plus grandes lacunes du système de santé à l’heure actuelle » suppose de renforcer d’abord la surveillance et les capacités de première ligne. « Même si les chiffres sont faibles, de nouveaux cas sont apparus par intermittence pendant plusieurs semaines, ce qui signifie que la transmission se poursuit », avertit celle qui a cofondé l’Institute for Global Health and Development et dirigé le département des maladies transmissibles de l’Organisation mondiale de la santé.

Le contexte régional pèse. Depuis janvier 2024, le mpox a provoqué plus de 2 000 décès pour des dizaines de milliers de cas en Afrique de l’Est, en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, selon The Guardian. Beaucoup de laboratoires publics de la région manquent d’équipements pour affronter une épidémie, tout en disposant d’une mémoire institutionnelle héritée des crises précédentes.

À Bissau, la riposte se heurte aussi à l’état des infrastructures. Le jeudi 20 août, la capitale est restée privée d’électricité toute la journée, faute de carburant depuis le week-end précédent. Une épidémie se surveille avec des laboratoires, et un laboratoire a besoin de courant. Le pays vit par ailleurs sous la conduite des militaires, qui ont suspendu l’élection présidentielle de novembre dernier et se maintiennent au pouvoir.

Sur le terrain, des agents de santé communautaire ont lancé dès la déclaration de l’épidémie une campagne de porte-à-porte, mégaphones et dépliants traduits à l’appui, avec le soutien du ministère de la Santé et d’organisations internationales. Ce travail de proximité pèse lourd dans un pays où la confiance envers les interventions sanitaires d’urgence reste sensible : plus tôt cette année, les autorités bissau-guinéennes ont suspendu un essai de vaccination contre l’hépatite B chez les nouveau-nés, financé par les États-Unis, invoquant des motifs éthiques et des irrégularités de procédure.

Les écoles primaires doivent rouvrir en septembre dans tout le pays. Les équipes de première ligne ont quelques semaines pour savoir combien de cas leur ont échappé.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

TERANGA Sénégambie et espace lusophone : Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Cabo Verde. Vie politique, pêche, ports, migrations, création culturelle. teranga@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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