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Intelligence artificielle

Les géants de l’IA dépensent des centaines de milliards sans couvrir leurs coûts

Centres de données, puces, électricité : les entreprises de l'intelligence artificielle engagent des sommes considérables sans atteindre la rentabilité. RFI Économie a réuni le 9 octobre plusieurs spécialistes pour en mesurer les effets, jusqu'en Afrique.

Illustration : intelligence artificielle.
Illustration : intelligence artificielle. Photo : panumas nikhomkhai / Pexels

OpenAI et Anthropic dépensent plus qu’elles n’encaissent. Les deux entreprises américaines engagent des montants considérables dans les centres de données, les processeurs spécialisés et l’énergie qui fait tourner leurs modèles, sans que leurs recettes couvrent l’ensemble de ces coûts, explique Julien Pillot, enseignant-chercheur à l’INSEEC Grande École. « Ces acteurs restent structurellement déficitaires. La recherche de nouvelles recettes devient un enjeu central », dit-il.

Trois pistes sont sur la table, selon lui : l’abonnement, la facturation à l’usage et la publicité insérée dans les réponses des assistants conversationnels. La dernière pose un problème immédiat. Des recommandations sponsorisées pourraient orienter les réponses fournies aux utilisateurs et entamer la neutralité attendue de ces outils.

Pour financer leur croissance, ces sociétés envisagent des introductions en Bourse. Campbell Harvey, professeur de finance à l’université Duke, distingue deux choses que l’on confond souvent : les besoins de financement d’une entreprise et la possibilité, pour ses investisseurs historiques, de réaliser leurs plus-values. Les capitaux levés ne vont donc pas nécessairement dans de nouvelles infrastructures, et une action introduite en Bourse n’est pas forcément une bonne affaire pour un particulier. Il écarte malgré tout le parallèle avec l’éclatement de la bulle Internet de 1999-2000 : l’IA irrigue aujourd’hui de nombreux secteurs et les grands groupes concernés affichent, dans l’ensemble, une rentabilité plus solide que les sociétés technologiques de l’époque. « C’est une erreur de considérer 2026 comme l’équivalent à 1999 », affirme-t-il.

Un pacte volontaire jugé insuffisant

Aux États-Unis, Donald Trump a réuni les dirigeants des grandes entreprises technologiques autour d’un pacte volontaire d’autorégulation. Alfred Bewindin Sawadogo, expert en gouvernance de l’intelligence artificielle et auteur de « Où va l’intelligence artificielle ? », juge la démarche trop faible au regard de la puissance des nouveaux systèmes. Il demande des règles contraignantes et une gouvernance internationale capable de dépasser les rivalités entre puissances, alors que Washington entend conserver son avance sur Pékin. « Il faut que la régulation soit stricte, c’est-à-dire assortie de sanctions lorsqu’elle n’est pas respectée », déclare-t-il.

La sécurité informatique illustre ce vide. Celio Fioretti, correspondant de RFI à Séoul, cite des cyberattaques ayant visé des institutions financières sud-coréennes et des vols de données personnelles. Les recommandations de l’OCDE ou de l’Unesco ne tiennent pas lieu de cadre juridique contraignant, estime Alfred Sawadogo, qui appelle à financer la sécurité des systèmes autant que l’augmentation de leurs capacités. « L’IA permet d’industrialiser les cyberattaques », dit-il.

Sur l’emploi, Axelle Arquié invite à la prudence. Les effets d’ensemble restent difficiles à mesurer et plusieurs travaux montrent un ralentissement des embauches de jeunes dans les métiers les plus exposés à l’automatisation, sans que l’émission en précise l’ampleur ni la méthode. « Pour le moment, on n’a pas encore d’impact mesuré au niveau macroéconomique », indique-t-elle. L’automatisation coûte-t-elle moins cher qu’un salarié ? Pas toujours : formation, cybersécurité, vérification des résultats et gestion des erreurs s’ajoutent à la facture des entreprises.

Des IA ciblées plutôt que des modèles géants

Face aux investissements américains et chinois, l’Europe et l’Afrique disposent de moyens plus limités pour bâtir des modèles généralistes. Alfred Sawadogo propose une autre voie : des systèmes spécialisés, taillés pour des besoins précis et moins gourmands en ressources. « Ce que l’Afrique et l’Europe peuvent faire, c’est lancer des IA ciblées », avance-t-il. Il cite les services publics, les infrastructures et les langues locales, tout en rappelant les obstacles bien connus du continent : l’accès à l’électricité, à Internet et à la puissance de calcul.

Alexandre Zapolsky, président et cofondateur de Linagora, entreprise spécialisée dans les logiciels libres, défend de son côté la mutualisation des moyens de recherche et des infrastructures publiques de calcul. Il conteste l’idée que seuls des investissements colossaux permettraient de rivaliser avec les plateformes américaines, et décrit une dépendance qui enfermerait les utilisateurs chez quelques acteurs dominants. « Il faut faire de ce sujet de la souveraineté numérique une des grandes causes nationales », déclare-t-il.

Reste la question que personne n’a tranchée : qui décide ? Alfred Sawadogo plaide pour un contrôle démocratique de ces technologies, où l’opinion publique pèserait face au lobbying des grands groupes. Aucun calendrier de régulation contraignante n’a été évoqué.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

LUMEN Santé publique, recherche médicale, épidémiologie, climat et innovation scientifique lumen@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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