Il était en fuite depuis 2024. La cavale s’est achevée à Sègbohouè, et l’homme a comparu le mercredi 28 octobre 2026 devant le tribunal d’Abomey-Calavi, dans un dossier qui met en jeu plus d’une soixantaine de personnes, plus de 30 millions de francs CFA et soixante-quatre passeports.
À la barre, un représentant des victimes a exposé le montage. L’accusé leur aurait présenté une possibilité de recrutement dans le cadre d’un projet au Canada ; il aurait affirmé que ce projet était conduit par le Premier ministre canadien et qu’il exerçait lui-même comme policier sur le territoire canadien, une fonction qui, à l’en croire, lui permettait d’intervenir dans les décisions de l’État.
Le reste a tenu au bouche-à-oreille. Des messages relayés entre connaissances ont suffi à élargir le cercle des candidats, et plusieurs d’entre eux ont quitté leur emploi pour ne pas manquer l’occasion. D’après le représentant des victimes, l’accusé a collecté plus de 30 millions de francs CFA, puis a disparu.
Trente millions de francs CFA, au taux fixe qui lie la monnaie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à l’euro, représentent un peu plus de 45 000 euros. Rapportée aux soixante-quatre passeports cités dans le dossier, la somme avoisine 470 000 francs par document. Pour les candidats, la perte est double : l’argent versé, et pour certains le salaire abandonné en démissionnant.
L’accusé, lui, dit avoir été en contact avec des interlocuteurs au Canada. Il soutient avoir transmis les passeports des candidats au pays d’accueil en vue de l’obtention des visas, avant que les documents ne soient bloqués au niveau du haut-commissariat. La cour lui a demandé d’étayer ces déclarations. Il n’a pas produit les preuves attendues.
Les débats se poursuivent et aucune décision n’a été rendue : l’homme reste présumé innocent des faits d’escroquerie qui lui sont reprochés. Ce qu’il est advenu des soixante-quatre passeports n’a pas été précisé à l’audience.
Le tribunal d’Abomey-Calavi reprendra l’examen du dossier le 1er décembre 2026, avec la comparution d’autres victimes. Elles n’ont pas encore parlé.