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Guinée

Timbo élevée au rang de préfecture, une décision présentée comme une réhabilitation historique

L'ancienne capitale du Fouta théocratique figure parmi les onze sous-préfectures guinéennes érigées en préfectures par décret présidentiel. Pour l'historien Bonata Dieng, interrogé par Africa Guinée, ce redécoupage corrige un déclassement hérité de la période coloniale.

Timbo (1818), Guinée. Image d'archive. Photo : Travels in the interior of Africa, to the sources of the Senegal and Gambia; performed by command of the French Government, in the year 1818. Illustrations de Voyage dans l'intérieur de l'Afrique aux sources du Sénégal et de la Gambie, fait en 1818 par ordre du gouvernement français, G. Mollien / Wikimedia Commons, Public domain

Une ligne dans un décret, et une localité change de statut administratif. Timbo, bourg du Fouta-Djalon, fait partie des onze sous-préfectures guinéennes transformées en préfectures par un décret du président Mamadi Doumbouya, rapporte Africa Guinée. Concrètement, la localité disposera de sa propre administration préfectorale, au lieu de dépendre d’un chef-lieu voisin.

La mesure s’inscrit dans un redécoupage territorial plus large annoncé par les autorités guinéennes. Le contenu détaillé du décret, son calendrier d’application et les moyens budgétaires affectés aux nouvelles circonscriptions n’ont pas été précisés dans les éléments rapportés par la source.

Un statut chargé d’histoire

Timbo n’est pas une localité comme les autres. Elle fut la capitale de l’État théocratique du Fouta-Djalon et le siège des Almamy, les souverains qui structurèrent la vie politique de la région avant la conquête coloniale. Pour l’historien Bonata Dieng, ancien conseiller politique au ministère de l’Administration du territoire, cité par Africa Guinée, l’élévation de Timbo répare un effacement : selon lui, « ce n’est que justice rendue après son affaiblissement par les colonialistes ».

L’universitaire rappelle que, après la défaite militaire face au colonisateur, le centre de gravité administratif du Fouta a été déplacé vers Mamou, une cité « construite de toutes pièces » le long du chemin de fer, alors principale voie de pénétration vers l’intérieur du pays. Devenue préfecture et surnommée la « ville carrefour », Mamou aurait ainsi symbolisé, dans son analyse, le transfert du pouvoir hors de Timbo.

Aujourd’hui, Timbo est ressuscitée.

Bonata Dieng, historien, propos rapportés par Africa Guinée

L’historien dit posséder encore un ouvrage publié il y a plusieurs décennies par un chercheur français, dont le titre, « Timbo est mort », résumait à ses yeux le déclassement de l’ancienne capitale. Le nom de l’auteur et l’année de parution n’ont pas été mentionnés dans l’entretien.

Ce que change une préfecture au quotidien

Au-delà du symbole, l’enjeu est administratif et économique. Dans l’organisation guinéenne, la préfecture est l’échelon où se traitent une grande partie des démarches d’état civil, des affaires foncières et de la répartition des crédits publics. Rapprocher ce guichet de cent kilomètres, souligne Bonata Dieng, « change beaucoup de choses » pour les habitants, qui économisent transport, temps et frais.

L’historien rappelle que des sous-préfectures, autrefois appelées communes rurales de développement, réclamaient ce statut depuis longtemps, en faisant valoir leurs écoles, leurs centres de santé et leurs marchés. Il note aussi que ces demandes ont parfois été portées par des « activismes politiciens », des personnalités locales cherchant à s’attribuer le mérite de la requête.

Reste la question des moyens. Bonata Dieng lie l’avenir des onze nouvelles préfectures au projet Simandou 2040, le programme adossé à l’exploitation du gisement de fer du sud-est guinéen, dont il espère qu’il financera les infrastructures de base. Il observe toutefois que certaines préfectures créées dans les années 1970, sous la présidence de Sékou Touré, attendent encore leurs équipements. Aucun montant ni aucune enveloppe destinée aux nouvelles circonscriptions n’a été communiqué à ce stade.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

HARMATTAN Golfe de Guinée et rivière Mano : Togo, Bénin, Guinée, Liberia, Sierra Leone. Commerce transfrontalier, mines, filières agricoles. harmattan@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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