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Route atlantique

Plus de 300 migrants secourus au large de Nouadhibou après la dérive de leur pirogue

Les gardes-côtes mauritaniens ont porté secours dans la nuit de mercredi à jeudi à 315 personnes, dont 40 enfants, à bord d'une embarcation en bois partie de Gambie. Un épisode de plus sur la route atlantique vers les Canaries.

Ships graveyard, Nouadhibou, Mauritania-1, Mauritanie. Image d'archive. Photo : Sebastián Losada / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Une pirogue en bois transportant 315 personnes a été secourue dans la nuit de mercredi à jeudi au large du port de pêche de Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie, selon un communiqué des gardes-côtes mauritaniens repris par Libération. L’embarcation, partie de Gambie, était à la dérive au moment de l’intervention, a indiqué à l’AFP un responsable des gardes-côtes s’exprimant sous couvert d’anonymat.

D’après le décompte diffusé par les gardes-côtes, 191 passagers étaient originaires du Sénégal, dont trois femmes et 29 enfants, 123 de Gambie, dont 40 femmes et onze enfants, et une personne du Mali. « Parmi ces personnes figurent des hommes, des femmes et des mineurs, y compris des nourrissons, se trouvant dans une situation humanitaire difficile », précise le communiqué. Toutes ont été « secourues et prises en charge conformément aux procédures légales et humanitaires en vigueur », a affirmé le responsable cité par l’AFP.

Les rescapés de ces traversées, souvent épuisés et déshydratés, sont habituellement conduits vers un centre temporaire d’accueil, où des organisations humanitaires les reçoivent avant que leur situation administrative ne soit tranchée. Aucune indication n’a été donnée sur le sort qui sera réservé aux passagers de cette pirogue.

Des départs poussés toujours plus au sud

Le sauvetage s’inscrit dans une séquence chargée. Mi-août, 42 personnes originaires de Gambie et du Sénégal, parmi lesquelles des femmes et des enfants, avaient été récupérées après une panne de moteur, rapporte la même source. En juillet, une embarcation partie de Gambie avec environ 190 passagers avait été secourue le 18, « après avoir dérivé pendant près de 25 jours sur l’océan Atlantique », selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Au total, 144 personnes y ont perdu la vie ou sont depuis portées disparues. « Il s’agit de l’un des débarquements les plus meurtriers auxquels les équipes de MSF ont assisté en Mauritanie depuis le début de l’année 2026 », avait alors réagi Médecins sans frontières.

La géographie de ces départs s’est déplacée. Le renforcement des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a poussé les organisateurs de traversées vers des points d’embarquement plus méridionaux : Gambie, Guinée-Bissau, Guinée. Mécaniquement, la distance à parcourir jusqu’à l’archipel espagnol des Canaries s’allonge, et avec elle le temps passé en mer sur des pirogues surchargées, parfois vétustes. La dérive de 25 jours documentée par le HCR en juillet illustre ce basculement.

Une frontière européenne déplacée sur le littoral saharien

Nouakchott a signé en 2024 un partenariat migratoire avec l’Union européenne, dans le cadre de la politique dite d’externalisation des frontières. Une enveloppe de 210 millions d’euros finance la surveillance des frontières, l’augmentation des capacités de sauvetage en mer, la lutte contre les réseaux de passeurs et des projets de développement. La Mauritanie se retrouve ainsi à la fois pays de départ, de transit et de contrôle, sur un littoral où la pêche artisanale et les circulations ouest-africaines sont anciennes.

Derrière ces embarquements, les ressorts dépassent la seule question policière. Les candidats au départ, en majorité de jeunes hommes originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali, empruntent la voie clandestine faute d’alternative légale : les États européens ont fortement restreint la délivrance de visas et durci leurs contrôles, rappelle Libération. L’année 2024 a marqué un record de traversées sur la route atlantique, au départ de la Mauritanie mais aussi du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée ; environ 10 000 personnes y ont perdu la vie, selon la même source. Au plus fort de la crise, des corps s’échouaient régulièrement sur les plages mauritaniennes.

Aucun bilan consolidé des secours et des disparitions pour l’année en cours n’a été communiqué par les autorités mauritaniennes.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

SAHEL Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Sécurité, gouvernance, pastoralisme, climat, transitions politiques. sahel@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode