Quatre cages restaient à vider le jour de la visite du comité de suivi, pour une production attendue d’environ 4,8 tonnes de poisson. Les acheteurs étaient venus des localités voisines. La vente s’est donc faite sur place, sans intermédiaire lointain ni chaîne de froid à financer, ce qui change beaucoup de choses dans l’équation économique d’un producteur débutant.
Le dispositif repose sur une convention passée entre le ministère chargé de l’Agriculture et le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique. Il prévoit d’accompagner cent militaires reconvertis sur trois retenues d’eau : Bagré, Samandéni et Soum. Chaque bénéficiaire reçoit deux cages flottantes, des alevins et des aliments pour poissons. En contrepartie, il s’engage à poursuivre l’activité pendant au moins trois ans.
La cage flottante est une technique simple dans son principe : un filet immergé, maintenu par des flotteurs, dans lequel les poissons sont nourris jusqu’à la taille marchande. Elle évite de creuser des étangs et permet de produire sur une retenue existante. Mais elle déplace le coût : l’aliment devient le principal poste de dépense de l’éleveur, et la qualité des jeunes poissons mis à l’eau détermine le rendement final. Fournir les deux, comme le fait ici la convention, revient à prendre en charge l’essentiel du capital de départ.
C’est précisément là que le bât blesse. La disponibilité et la qualité des alevins restent des difficultés à résoudre, a relevé Rémy Palé, vice-président du comité de suivi et d’évaluation de la convention. Le ministère chargé de l’Agriculture dit rechercher des solutions pour assurer la pérennité de l’activité, selon Lefaso.net. Aucun calendrier n’a été communiqué.
L’enjeu dépasse le barrage de Soum. L’élevage de poisson en cages s’est développé ces dernières années sur les grands lacs de retenue d’Afrique de l’Ouest, portés par une demande urbaine en protéines animales que la pêche de capture ne suit plus. Pour un pays enclavé, chaque tonne produite sur une retenue intérieure est une tonne qu’il n’a pas à faire venir des ports de la côte.
Quatre récoltes en quelques mois montrent que le cycle tourne. L’engagement de trois ans dira si l’activité tient une fois les intrants gratuits épuisés. Reste à savoir qui fournira les alevins du prochain cycle, et à quel prix.