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Nigeria

Inondations à Abuja : Wike ordonne des démolitions après la crue qui a submergé les quartiers huppés

Une pluie intense a noyé plusieurs quartiers résidentiels de la capitale fédérale nigériane dans la nuit de mardi, selon Vanguard. Le ministre du Territoire fédéral a aussitôt lancé des démolitions, relançant le débat sur le plan directeur d'Abuja.

Lagos Street at high tide, Nigeria. Image d'archive.
Lagos Street at high tide, Nigeria. Image d'archive. Photo : ISeeAfrica / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Abuja a connu dans la nuit de mardi une inondation d’une ampleur inhabituelle, qui a touché Asokoro, Maitama, Guzape, Lokogoma, Garki et Wuse, rapporte le quotidien nigérian Vanguard. Ces quartiers comptent parmi les plus cotés de la capitale fédérale et abritent résidences officielles, ambassades et logements de cadres. Selon les données de l’agence météorologique nationale NiMet citées par le journal, plus de 90 millimètres de pluie sont tombés en moins de quatre heures, un volume que la ville n’enregistre qu’à plusieurs années d’intervalle.

Les dégâts recensés par Vanguard vont de murs de clôture effondrés à des véhicules immobilisés, en passant par des rez-de-chaussée envahis par une eau mêlée de boue, de gasoil et d’eaux usées. Aucun bilan humain n’a été communiqué et le montant total des destructions n’a pas été chiffré. Le lendemain, des camions de l’agence de gestion des urgences du Territoire fédéral (FEMA) et de l’autorité d’aménagement de la capitale (FCDA) circulaient dans les rues, certaines voies restant coupées, dont la liaison entre une partie de Guzape et la voie express.

Les employés de maison en première ligne

Derrière les grandes villas, ce sont souvent les personnels domestiques qui ont le plus perdu. Dans les concessions nigérianes, les « boys’ quarters », logements de service, occupent généralement le point le plus bas du terrain. Un résident d’Asokoro, Emmanuel Okoro, ancien fonctionnaire installé dans la même rue depuis 2008, raconte à Vanguard avoir dû héberger son gardien dans une réserve : « Sa chambre était pleine. Il a tout perdu. » À Guzape, des ouvriers d’un chantier submergé ont perdu une semaine de salaire, selon le même journal. Un ingénieur de chantier cité sous le prénom de Tunde évalue à plus de 2 millions de nairas ses pertes en ciment, fers à béton et carrelage.

Je n’arrêtais pas de me dire : c’est Asokoro, ça n’arrive pas ici. Mais l’eau ne fait pas la différence entre Asokoro et ailleurs.

Emmanuel Okoro, résident d’Asokoro, cité par Vanguard

Un plan directeur mis en cause

Pour de nombreux habitants interrogés par Vanguard, l’épisode n’a rien d’une fatalité climatique. Ils dénoncent des constructions élevées sur des voies d’eau, des caniveaux remblayés puis attribués à des promoteurs, et des espaces verts convertis en immeubles. Le réseau de drainage du centre-ville, conçu pour une ville plus petite et plus boisée, serait aujourd’hui envasé et saturé. Un responsable de la FCDA, qui s’exprime sans être nommé, affirme que le curage de certains canaux a commencé le mois précédent, tout en reconnaissant qu’« on ne peut pas déboucher trente ans d’obstruction en un mois ».

L’ancien président du conseil du Territoire fédéral du syndicat nigérian des journalistes, Emmanuel Ogbeche, met directement en cause l’attribution des espaces publics. « Cela fait longtemps que certains d’entre nous expriment leur inquiétude face à l’imprudence du ministre du Territoire fédéral dans l’attribution des espaces verts, des jardins et des espaces ouverts », déclare-t-il à Vanguard, avant d’ajouter : « Abuja ne peut pas prospérer comme une ville de béton et d’acier. Laissez les arbres respirer. »

Contrairement aux trente-six États du Nigeria, dirigés par des gouverneurs élus, le Territoire de la capitale fédérale est administré par un ministre nommé par le président. Son titulaire, Nyesom Wike, s’est rendu sur les lieux dès la fin des pluies, a reconnu l’occupation illégale des voies d’eau et annoncé des mesures, selon Vanguard. Dans les heures qui ont suivi, engins de chantier et forces de sécurité sont intervenus dans le secteur de Mississippi Street, à Maitama, pour abattre habitations, clôtures et commerces.

Des commerçants disent avoir été pris de court. Mustapha Onimisi, propriétaire de l’établissement Xpressor, affirme à la presse qu’un directeur de la FCDA leur avait annoncé la veille un marquage des bâtiments suivi d’un délai de deux semaines pour évacuer leurs biens. « Cela aurait dû être mieux géré », estime-t-il. De son côté, le directeur de la FEMA a indiqué lors d’un point de presse que son agence « évaluait l’ampleur des dégâts » et travaillerait avec les services compétents sur la question du drainage, appelant les habitants à cesser de jeter leurs ordures dans les caniveaux. Aucun calendrier de remise en état du réseau n’a été rendu public.

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

DELTA Nigeria : première économie et première population du continent. Politique fédérale, pétrole, naira, sécurité, industries créatives. delta@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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