Abdou Mbow, Augustin Tine, Marie Angélique Manga, Nene Fatoumata Tall, Maissa Mahecor Diouf, Mamadou Sy Mbengue : la délégation dépêchée samedi 22 août à Tivaouane par l’ancien président alignait plusieurs figures de l’Alliance pour la république. À sa tête, Me Sidiki Kaba, ancien Premier ministre, reçu par le khalife général des Tidianes dans la cité religieuse.
Devant la presse, à l’issue de l’audience, l’ancien chef du gouvernement a tenu à dissocier la démarche du champ politique. Une visite de paix et de prières, a-t-il expliqué, destinée à obtenir l’intercession du guide religieux pour la réussite de Macky Sall dans sa quête de la direction des Nations unies.
Tivaouane n’est pas une étape neutre. La ville est le cœur de la Tidjaniya sénégalaise, l’une des grandes confréries musulmanes du pays, dont les khalifes sont écoutés bien au-delà de leurs disciples. Serigne Babacar Sy Mansour avait déjà exprimé son appui à cette candidature lors d’une précédente audience dans la même ville.
La visite prolonge une tournée entamée depuis plusieurs mois par l’entourage de l’ancien président auprès des principaux foyers religieux du Sénégal. Chaque étape est photographiée, commentée, relayée. La campagne se mène autant dans les capitales confrériques que dans les couloirs diplomatiques.
Que pèsent ces audiences dans une désignation qui se joue à New York ? La candidature de Macky Sall a été officiellement transmise à la présidente de l’Assemblée générale, avec le soutien de l’Union africaine, selon Dakaractu. Mais la procédure onusienne est verrouillée ailleurs : c’est le Conseil de sécurité qui recommande un nom, avant que l’Assemblée générale ne procède à la nomination. Les cinq membres permanents y disposent d’un droit de veto. Le continent africain a déjà fourni deux secrétaires généraux, l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Kofi Annan.
Le siège se libérera à la fin de l’année : le second mandat d’Antonio Guterres s’achève le 31 décembre 2026. Pour l’Alliance pour la république, écartée du pouvoir depuis la présidentielle de mars 2024, cette mobilisation offre aussi une scène nationale à des cadres devenus discrets. Elle les remet en mouvement, région par région.
Aucun calendrier de désignation n’a été communiqué. La décision se prendra à New York. Elle se prépare, pour l’instant, dans les cités religieuses du Sénégal.