Le montant tient en une ligne : 294 150 dalasis par an, soit 882 450 dalasis sur la durée totale de l’accord. La signature s’est faite sur place, au Strasser Football Field, le terrain de Brufut. Les fonds doivent couvrir le fonctionnement du comité et l’aménagement du terrain, sans que la répartition entre ces deux postes ait été détaillée.
À cet appui en numéraire s’ajoutent trois contreparties en nature. L’opérateur fournira chaque année quatre jeux complets de maillots aux équipes finalistes du nawettan. Il raccordera les lignes téléphoniques de quinze responsables sportifs de Brufut au sein d’un groupe d’appels fermé, dispositif qui leur permettra de s’appeler entre eux sans facturation. Il financera enfin l’habillage et l’éclairage des murs et des structures du stade.
Le nawettan n’est pas un tournoi accessoire. Ce championnat de quartier, joué pendant la saison des pluies en Gambie comme au Sénégal, mobilise chaque année des équipes de jeunes formées autour d’un quartier ou d’une association, et remplit des terrains que les compétitions officielles ne remplissent pas toujours. C’est aussi par là que passent la plupart des joueurs avant d’atteindre les clubs structurés.
Qui paie le sport de quartier en Gambie ? Rarement l’État. Les comités locaux vivent des cotisations, des recettes de guichet et de contributions privées, ce qui rend un engagement pluriannuel comme celui d’Africell peu banal à cette échelle. En face, l’opérateur achète de la visibilité auprès d’un public jeune et un ancrage dans une commune de la côte, à proximité immédiate de la zone touristique du Grand Banjul.
La communauté de Brufut a accueilli favorablement l’accord et dit en attendre un partenariat durable, selon The Standard. Aucune clause de reconduction ni aucun calendrier de travaux sur le terrain n’ont été rendus publics.
Les maillots et l’éclairage se verront avant les bilans comptables. La prochaine finale du nawettan à Brufut dira si l’accord tient ses promesses.