À Conakry, le décret est tombé en fin de semaine. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a retiré leurs portefeuilles à deux membres de son gouvernement, vendredi 21 août 2026, selon Africa Guinée et Mosaïque Guinée. Mory Condé dirigeait le ministère de l'Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Mourana Soumah était à la tête du ministère de la Communication, de l'Économie numérique et de l'Innovation.
Le texte a été lu à l'antenne de la télévision nationale, rapporte Mosaïque Guinée. Dans les deux départements concernés, les secrétaires généraux ont été désignés pour assurer l'intérim, indiquent les mêmes sources. Aucun motif de ces limogeages n'a été rendu public dans le décret tel que rapporté par les médias guinéens, et aucun calendrier de remplacement définitif n'a été communiqué.
Des rumeurs démenties trois jours plus tôt
Les deux ministres alimentaient depuis plusieurs jours les conversations politiques dans la capitale. Selon Africa Guinée, des spéculations persistantes affirmaient qu'ils avaient été auditionnés. Ces allégations n'ont pas été confirmées par une source officielle et aucune procédure les visant n'a été rendue publique.
Le porte-parole de la présidence, Amara Camara, avait démenti ces informations lors d'un point de presse tenu mercredi, précise Africa Guinée. Le décret de vendredi intervient donc quarante-huit heures après ce démenti, sans que l'exécutif ait établi de lien entre les deux séquences.
Deux portefeuilles sensibles
Les deux départements touchés comptent parmi les plus exposés de l'appareil d'État guinéen. Celui de l'Emploi et de la Protection sociale est en première ligne face à la question du travail des jeunes et du dialogue avec les centrales syndicales, dans un pays où l'économie formelle emploie une part réduite de la population active. Celui de la Communication et de l'Économie numérique encadre à la fois le secteur des médias et le déploiement des services en ligne.
L'intérim confié à des hauts fonctionnaires plutôt qu'à des ministres en exercice suggère une recomposition en cours, sans qu'aucune indication n'ait été donnée sur son ampleur. Ni la présidence ni les deux ministres sortants n'avaient réagi publiquement dans les heures suivant la lecture du décret, d'après les éléments disponibles.

