Aux Cases Bellevue, à Conakry, où repose l'ancienne Première dame, familles, amis et personnalités se sont retrouvés vendredi 21 août 2026 pour la cérémonie marquant le 40e jour du décès de Hadja Andrée Touré. Le Premier ministre Amadou Oury Bah présidait la rencontre, selon Guineematin. Des responsables religieux venus des différentes communes de la capitale ont lu le Coran et prononcé des prières à la mémoire de la défunte.
L'invitation avait été lancée au nom du chef de l'État. D'après Mosaïque Guinée, le Premier ministre avait convié le peuple guinéen à s'associer à cette cérémonie du 40e jour du rappel à Dieu de l'épouse d'Ahmed Sékou Touré, présenté dans le communiqué comme le père de l'indépendance du pays.
Hadja Andrée Touré est morte le 8 juillet 2026 au Maroc, à l'âge de 91 ans, où elle était soignée depuis plusieurs mois, indique Guineematin. Sa disparition avait déjà donné lieu à plusieurs journées de prières et à un symposium, avant son inhumation aux Cases Bellevue.
Des témoignages sur un parcours discret
La cérémonie a surtout été l'occasion de récits sur la vie de celle qui a accompagné le premier président guinéen jusqu'à la fin de la Première République. Elhadj Madifing Diané, ancien ministre et ancien gouverneur de Labé, proche de la famille, a insisté sur son mode de vie domestique.
« Celle que nous accompagnons aujourd'hui définitivement n'était pas, pour moi, une Première dame de la République. Elle n'était qu'une ménagère, au service de son mari, de son pays et des orphelins qu'elle a eu à élever. »
Elhadj Madifing Diané, ancien ministre
L'ancien ministre a également raconté un épisode familial daté du 18 octobre 1981, au retour du pèlerinage : selon son récit, les belles-sœurs de Hadja Andrée Touré auraient exigé qu'elle abandonne son prénom pour porter celui de la mère de son époux. Elle aurait refusé, expliquant que ce prénom était le seul lien qui la rattachait à son père. Ce témoignage, relayé aussi par Africa Guinée, n'a pas été confirmé par une autre source.
La famille remercie l'État
Abdoulaye Baldé, député uninominal de Gaoual, a pour sa part évoqué une femme « qui a participé à la fondation de la République de Guinée » et estimé que participer à ces prières relevait d'« un devoir pour toute personne attachée à la République ». Ahmed Sékou Touré est mort en 1984.
Au nom de la famille Touré, Binko Mady Touré a remercié la population, le gouvernement et le président Mamadi Doumbouya, affirmant que la prise en charge de la défunte, « depuis sa maladie jusqu'à ce jour », avait été assurée par le chef de l'État. Aucun détail sur le coût ou les modalités de cette prise en charge n'a été communiqué.

