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Justice et diplomatie

La Turquie réclame l'arrestation internationale de Benjamin Netanyahu après l'interception de la flottille pour Gaza

Ankara a demandé vendredi l'émission de notices rouges contre le Premier ministre israélien et un soldat, dans une enquête sur l'arraisonnement en mer de militants pro-palestiniens. Israël a répliqué en attaquant personnellement Recep Tayyip Erdogan.

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Illustration : Turquie. Photo : Zulfugar Karimov / Pexels

Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a annoncé vendredi 21 août sur le réseau X que son ministère avait demandé au ministère de l'Intérieur d'obtenir des notices rouges visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et un ressortissant israélien, Afek Moskovitch. La démarche s'inscrit dans une enquête ouverte après l'interception, en mai, de la « Flottille pour Gaza », selon France 24.

Les deux hommes font l'objet de mandats d'arrêt délivrés le 14 juillet 2026 pour « génocide », a précisé le ministre. Les poursuites portent, d'après le ministère turc, sur des faits qualifiés de « crimes contre l'humanité, génocide, privation aggravée de liberté, coups et blessures volontaires, torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport ».

Ce que change, ou non, une notice rouge

Une notice rouge n'est pas un mandat d'arrêt international au sens strict. Il s'agit d'une demande de localisation et d'arrestation provisoire diffusée par Interpol à ses pays membres, à la requête d'un État. Chaque État reste libre d'y donner suite selon son propre droit, et le statut de l'organisation lui interdit d'intervenir dans des affaires à caractère politique. Concrètement, la portée de la démarche turque dépendra donc autant des arbitrages d'Interpol que de la volonté des pays tiers.

Ce n'est pas la première initiative judiciaire d'Ankara visant des dirigeants israéliens. La justice turque avait déjà émis en novembre 2025 des mandats d'arrêt pour « génocide » contre Benjamin Netanyahu et plusieurs responsables israéliens, rapporte France 24. La Turquie s'était par ailleurs jointe l'an passé à la procédure engagée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice, la juridiction des Nations unies chargée des différends entre États.

Quelque 430 passagers arraisonnés en mer

La « Global Sumud Flotilla », partie des côtes turques, comptait une cinquantaine de bateaux et environ 430 membres d'équipage et passagers, selon France 24. Ses participants entendaient briser le blocus maritime israélien et attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Après leur arraisonnement par l'armée israélienne, ils ont été conduits en Israël, détenus à la prison de Ktziot, dans le sud du pays, puis expulsés vers Istanbul. Les circonstances exactes de l'interception diffèrent selon les rédactions : France 24 la situe en eaux internationales à l'ouest de Chypre, Le Monde évoque une interception au large de la Grèce.

Le second mis en cause, Afek Moskovitch, est présenté par l'agence turque IHA, qui cite l'acte d'accusation, comme « un soldat du 71e bataillon blindé » de l'armée israélienne. Il lui est reproché d'avoir diffusé sur son compte Instagram des images de chars et d'un bulldozer détruisant un hôpital et la faculté de médecine de l'Université islamique de Gaza. L'acte d'accusation y voit « une opération systématique ». Ces accusations n'ont pas été jugées et la présomption d'innocence s'applique.

La réponse israélienne a été immédiate. Dans un communiqué diffusé peu après l'annonce, le bureau du Premier ministre a qualifié le président turc Recep Tayyip Erdogan de « dictateur antisémite » qui a « massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et oppresse son propre peuple ».

L'échange intervient sur fond de tension militaire. Des frappes menées mardi contre une base aérienne de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque, ont été implicitement revendiquées par Benjamin Netanyahu, qui a déclaré mercredi : « Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace. » Ankara dément toute présence sur le site.

La présidence turque a riposté vendredi en dénonçant « les tactiques politiques mesquines de (Benjamin) Netanyahu et de ses acolytes, qui visent à obtenir un avantage électoral », le chef du gouvernement israélien étant engagé dans une campagne pour sa réélection. Aucun calendrier n'a été communiqué sur les suites de la procédure turque, et rien n'indique à ce stade qu'un État tiers entende exécuter les mandats.

Sources

Cet article a été écrit à partir des publications suivantes. Les faits leur sont attribués ; la rédaction en propose une écriture originale.

MÉRIDIEN Nations unies, multilatéralisme, Amériques du Nord et du Sud meridien@referenceinfos.com

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