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Services financiers numériques

Le mobile money ouest-africain a brassé 498 milliards de dollars en 2025, selon la GSMA

L'Afrique de l'Ouest a vu transiter 498 milliards de dollars par le mobile money en 2025, rapporte Afrique-sur7. Derrière ce volume, un marché tenu par les opérateurs télécoms, mais dont moins d'un tiers des comptes enregistre la moindre opération.

Woman with watering can, Dent de Man, Côte d'Ivoire. Image d'archive.
Woman with watering can, Dent de Man, Côte d'Ivoire. Image d'archive. Photo : FBilula / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Sur 248,7 millions de comptes de monnaie électronique ouverts dans l’UEMOA en 2024, 76,8 millions seulement ont enregistré une opération. Soit 30,9 %. La BCEAO, qui publie ce décompte dans son rapport annuel sur les services financiers numériques paru en janvier 2026, relève aussi que le stock de comptes atteignait 209 millions un an plus tôt, avant que le seuil des 280 millions ne soit confirmé lors de la présentation du rapport 2025, le 22 juillet 2026 à Dakar, pour une population régionale d’environ 140 millions d’habitants. Le compte ne mesure donc pas l’inclusion. Il mesure la multi-détention : un même utilisateur ouvre un portefeuille chez Orange Money, un deuxième chez Wave, un troisième chez MTN ou Moov.

Le volume, lui, grossit. La GSMA, association mondiale des opérateurs mobiles, chiffre à 2 000 milliards de dollars les transactions mondiales de mobile money en 2025, dont 1 400 milliards pour l’Afrique subsaharienne et 498 milliards pour la seule Afrique de l’Ouest, qui compte 76 services actifs, davantage que toute autre zone du continent. Son directeur général, Vivek Badrinath, y voit « l’un des services financiers les plus marquants au monde ». La formule est promotionnelle. Elle s’appuie tout de même sur un maillage bien réel : 30 millions d’agents enregistrés dans le monde en 2025, en hausse de 16 % sur un an.

Deux inflexions comptent davantage pour un commerçant d’Adjamé. Les transferts transfrontaliers à l’intérieur de l’UEMOA ont atteint 102 millions d’opérations en 2024, en progression de 23,65 %, pour 5 661 milliards de francs CFA échangés, soit 33,46 % de plus. Surtout, le nombre de points d’acceptation marchands a plus que doublé dans l’Union, avec une croissance de 111,46 %, et la Côte d’Ivoire affiche à elle seule 140,32 %. Le portefeuille mobile quitte le transfert entre particuliers. Il entre dans la caisse du détaillant, là où se logent les commissions récurrentes et les données de paiement.

Abidjan, centre de gravité

La position d’Orange tient d’abord à sa base installée. L’opérateur revendique 180 millions de clients mobiles en Afrique et au Moyen-Orient au 30 juin 2026, en croissance de 8,1 %, dont 98 millions sur la 4G, et convertit ce socle en 52 millions d’utilisateurs actifs d’Orange Money, en hausse de 20,7 % sur douze mois. Le chiffre d’affaires de la zone a atteint 4 576 millions d’euros au premier semestre 2026, en progression de 13,9 % en base comparable. L’EBITDAaL suit, à 1 762 millions d’euros, en hausse de 16,1 %. Christel Heydemann, directrice générale du groupe, a mis en avant dans le communiqué du 28 juillet 2026 « la croissance record de l’Afrique et Moyen-Orient avec 10 millions de nouveaux clients data mobile et une croissance des revenus de près de 14 % ». La zone devance désormais la France.

Le siège d’Orange Money Group est installé à Abidjan depuis février 2025. L’entité pilote la stratégie des services financiers mobiles du groupe dans dix-sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient, et sa directrice générale, Aminata Kane, avait qualifié cette implantation d’« étape importante » pour l’inclusion financière régionale. Ni Paris, ni Casablanca : les arbitrages se prennent en Côte d’Ivoire.

En face, Wave Mobile Money avance vite. Fondée en 2018 par les Américains Drew Durbin et Lincoln Quirk, l’entreprise a obtenu en avril 2022 le premier agrément d’établissement de monnaie électronique délivré par la BCEAO à une fintech non bancaire, et revendique aujourd’hui plus de 21 millions de clients dans huit pays africains. En juin 2025, elle a bouclé un financement en dette de 117 millions d’euros arrangé par Rand Merchant Bank, avec British International Investment, Finnfund et Norfund. Elle a ensuite créé, en octobre 2025 à Abidjan, Wave Bank Africa S.A., dotée d’un capital de 20 milliards de francs CFA, avec Bamba Abdoulaye Katier à la direction générale et Coura Carine Tine à la présidence du conseil. L’ambition dépasse le transfert d’argent.

Le crédit, couche suivante

Orange Bank Africa, lancée à Abidjan en juillet 2020, a franchi les 3 millions de clients en mars 2026, dont 80 % en Côte d’Ivoire et le reste au Sénégal, pour plus de 640 milliards de francs CFA de crédits octroyés depuis l’origine, essentiellement des micro-prêts distribués par le canal mobile. Audrey Koffi Niamkey en a pris la direction générale en mai 2026. Le 23 juillet 2026 à Abidjan, l’établissement a signé avec la Société de garantie des crédits aux PME ivoiriennes deux conventions de garantie partielle de portefeuille mobilisant jusqu’à 17 milliards de francs CFA, environ 29,5 millions de dollars, dont 2 milliards fléchés vers les entreprises dirigées par des femmes. « En unissant nos forces avec la SGPME, nous faisons de l’accès au financement un levier de croissance pour les MPME ivoiriennes », a déclaré Audrey Koffi Niamkey, citée par l’Agence Ecofin le 26 juillet 2026. Joëlle Kouassi, directrice générale de la SGPME, a indiqué que le partenariat permettrait d’accompagner un plus grand nombre d’entrepreneurs.

Pour un menuisier de Yopougon ou une revendeuse de vivriers, le mécanisme est simple : une garantie publique réduit le risque pris par le prêteur, donc le coût du crédit. Restent les angles morts, que relève aussi Afrique-sur7 : la plateforme régionale de paiement instantané, mise en service par la BCEAO le 30 septembre 2025, peine à convertir ses inscrits en utilisateurs, et le capital-risque continue d’ignorer largement l’Afrique francophone. Trois comptes sur dix servent. Combien de temps un marché de 498 milliards de dollars peut-il croître sur des comptes qui dorment ?

Nos sources

Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

LAGUNE Côte d’Ivoire : première économie de l’UEMOA. Cacao, port d’Abidjan, vie politique, infrastructures, football. lagune@referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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